- Pour certains enfants, les moments de transition leur demandent un véritable effort d'adaptation.
- Interrompre une activité plaisante peut déclencher une réaction émotionnelle intense.
- Pour aider les enfants à mieux vivre ces moments, l'anticipation est l'un des outils les plus efficaces.
Quitter le parc pour rentrer à la maison, interrompre un jeu pour passer à table ou se préparer pour le coucher peut parfois transformer une journée paisible. Pour certains enfants, ces moments de transition sont particulièrement difficiles à vivre et leur demandent un véritable effort d'adaptation. Derrière les refus ou les crises se cachent souvent des mécanismes émotionnels et cognitifs parfaitement normaux, qui méritent d'être compris plutôt que jugés.
Un cerveau encore en plein apprentissage
Contrairement aux adultes, les jeunes enfants vivent intensément dans le moment présent. Quand ils sont absorbés par un jeu de construction, un dessin, une histoire ou un dessin animé, toute leur attention est mobilisée par cette activité. Passer soudainement à autre chose demande une flexibilité cognitive qui leur permet de changer de tâche, de s'adapter à une nouvelle situation et de modifier leur attention.
Cette compétence se construit progressivement au fil de l'enfance, mais plus l'enfant est jeune, plus cet effort est important. Pour certains, interrompre une activité plaisante est donc vécu comme une véritable perte, ce qui peut déclencher une réaction émotionnelle intense, d'autant plus en cas de tempérament plus sensible ou plus anxieux.
Le besoin de repères et de contrôle
Les transitions touchent aussi au besoin fondamental de sécurité. Les routines et les habitudes offrent des repères rassurants dans un monde qui peut parfois sembler imprévisible pour eux. Quand une transition survient sans qu'il l'ait anticipée ou choisie, l'enfant peut avoir l'impression de perdre le contrôle de la situation.
Devoir ranger ses jouets pour aller dîner ou quitter le parc alors qu'il s'amuse encore peut alors générer une forte frustration. Cette opposition n'est généralement ni de la mauvaise volonté ni une tentative de défier l'adulte ; elle traduit souvent une difficulté à accepter le changement et un besoin de temps pour s'adapter à ce nouveau rythme. Les émotions prennent alors facilement le dessus et sont pour lui un moyen d'exprimer un inconfort qu'il ne sait pas encore verbaliser.
Accompagner les transitions avec bienveillance
Pour aider les enfants à mieux vivre ces moments, l'anticipation est l'un des outils les plus efficaces. Cela peut être de le prévenir quelques minutes avant un changement afin de lui permettre de se préparer mentalement et de réduire l'effet de surprise.
Reconnaître ce que ressent l'enfant sans minimiser son émotion favorise aussi l'apaisement. Une phrase comme : « Je vois que tu aurais aimé continuer à jouer » aide souvent beaucoup plus qu'une injonction à se dépêcher.
Le jeu est aussi un précieux allié : transformer le rangement en défi amusant, inventer une chanson pour le moment du bain ou imaginer une mission spéciale pour aller se préparer permet de rendre la transition plus attrayante et moins frustrante.
Enfin, il est important de garder à l'esprit que chaque enfant évolue à son propre rythme. Certains auront besoin de davantage d'accompagnement, de répétitions ou de temps pour développer leurs capacités d'adaptation.
En savoir plus : "Petit décodeur illustré de l'enfant en crise" d'Anne-Claire Kleindienst et Lynda Corazza.


