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Prise en charge

Douleur : les pharmaciens en première ligne

Une nouvelle étude sur la douleur montre que, quand les Français souffrent, le pharmacien devient leur premier interlocuteur.

Douleur : les pharmaciens en première ligne Marc Calleja Lopez/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une récente enquête souligne le rôle essentiel des pharmaciens dans la prise en charge la douleur.
  • Pour 69 % des Français, ces professionnels de santé sont les plus aptes à proposer une solution rapide.
  • Un repérage précoce des douleurs féminines dans les officines, "permettrait d’améliorer l’orientation vers une prise en charge adaptée".

Règles douloureuses, poussées d’arthrose, migraines, troubles musculosquelettiques… Face à ces douleurs, dont souffrent quatre Français sur dix, le premier réflexe des patients est de pousser de la porte d’une pharmacie et non de prendre un rendez-vous chez le médecin. C’est ce que révèle l’enquête "Les Français, les Françaises et la douleur", Haleon, Odoxa et la Chaire Santé de Sciences Po.

Douleur : les pharmaciens plébiscités pour une prise en charge rapide et efficace

Alors que les délais pour obtenir un rendez-vous médical s’allongent dans de nombreux territoires et que la désertification médicale progresse, le pharmacien est plébiscité par les patients comme l’acteur essentiel du premier recours. Selon les résultats, ce professionnel de santé de proximité est ainsi perçu comme le professionnel de santé le plus accessible par 84 % des Français et le plus apte à proposer une réponse rapide par 69 % des répondants. L’étude montre que 94 % des pharmaciens interrogés se disent prêts à étendre leurs missions pour mieux prendre en charge la douleur des femmes spécifiquement.

"Ce que cette enquête met en lumière, c'est l’urgence de renforcer la coordination de tous les acteurs de santé pour mieux prendre en charge la douleur des Français. En structurant un parcours de prévention et d'intervention précoce, nous pouvons réduire significativement l'errance diagnostique, mais aussi les inégalités d’accès aux soins", a expliqué le Professeur Daniel Benamouzig, titulaire de la Chaire Santé de Sciences Po. "L’officine constitue un maillon central du parcours de soins des patientes, la structuration d’un repérage précoce des douleurs féminines permettrait d’améliorer l’orientation vers une prise en charge adaptée et de prévenir la chronicisation des douleurs", a ajouté le Dr. Arnaud Daguet, pharmacien d’officine.

La banalisation des douleurs des femmes les dissuade de consulter un médecin

En effet, le rôle de ces professionnels de santé de proximité est essentiel, notamment pour les femmes qui subissent des douleurs plus fréquentes et plus intenses. Le sondage souligne qu’elles sont presque deux fois plus nombreuses que les hommes (52 % contre 28 %) à être concernées de manière répétée par les troubles musculosquelettiques, les maux de tête, les douleurs gastro-intestinales ou l’arthrose. En outre, leurs douleurs restent mal prises en compte par la société et les professionnels de santé. Parmi les répondantes, 83 % des répondantes estiment que leurs symptômes sont trop souvent "normalisés" et 55 % qu’elles sont trop souvent liées à des causes "psychologiques." "Cette banalisation influe sur le comportement des patients et des patientes eux-mêmes : 27 % ne consultent aucun soignant et 67 % hésitent à consulter, choisissant d’attendre ou de 'voir comment cela évolue', au risque d’aggraver la situation."

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