- La fatigue est le symptôme principal du Covid long et reste difficile à traiter.
- Une étude montre que la fluvoxamine améliore significativement cet état.
- Ce traitement pourrait devenir une première option thérapeutique validée.
Être épuisé en permanence au point de ne pas pouvoir travailler ou mener une vie normale. C’est la réalité pour des millions de patients dans le monde atteints d’un Covid long, qui restent à ce jour sans solution de traitement. Selon Santé publique France, 4 % des adultes étaient concernés fin 2022 dans le pays, dont 1,2 % avec un impact majeur sur le quotidien.
Une nouvelle étude internationale, publiée dans la revue Annals of Internal Medicine, pourrait confirmer une piste thérapeutique concrète, déjà étudiée par les scientifiques : un médicament déjà bien connu, capable de réduire la fatigue liée au Covid long, principal symptôme de cette maladie virale encore mal comprise.
La fatigue, un symptôme du Covid encore sans solution
A ce jour, la prise en charge d’un Covid long repose surtout sur le "pacing", une méthode consistant à gérer son énergie, et sur des thérapies cognitives. Aucun médicament n’a encore démontré d’efficacité claire contre la fatigue. La recherche en question, menée par une équipe internationale incluant l’université McMaster (Canada), a testé la fluvoxamine, un antidépresseur courant de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Au total, 399 adultes souffrant de fatigue persistante depuis au moins trois mois après une infection au SARS CoV 2 ont participé à cet essai randomisé contrôlé.
Résultat : le médicament a réduit significativement la fatigue et améliore la qualité de vie. Avec une probabilité de 99 % d’être plus efficace qu’un placebo, "la fluvoxamine a montré des bénéfices constants. C’est une étape importante pour les patients qui attendaient des options de traitement fondées sur des preuves", souligne Edward Mills, professeur à McMaster, dans un communiqué.
Les antidépresseurs, un effet préventif contre le Covid ?
Ce n’est pas la première fois que les antidépresseurs font parler d’eux contre le coronavirus. Une autre étude de 2023, menée par le King’s College de Londres, suggère qu’ils pourraient aussi avoir un effet préventif. En analysant plus de 5.000 patients, les auteurs ont observé que les personnes sous antidépresseurs, notamment les ISRS, présentent environ deux fois moins de tests positifs. Une prescription récente étaient associée à une baisse de 40 % du risque.
D'après les chercheurs, si les antidépresseurs, comme la fluvoxamine, représentent une option prometteuse, d’autres études seront nécessaires pour comprendre quels patients en bénéficient le plus et comment combiner les traitements. Ils rappellent le Covid long reste une pathologie complexe et multifactorielle, dont on sait peu de choses. "Nous connaissons les symptômes, nous ne connaissons pas la cause", rappelait récemment l’infectiologue Dominique Salmon-Ceron à Pourquoi Docteur.



