- L'étude a identifié des gènes qui augmentent la susceptibilité d'avoir la pneumonie.
- Douze régions génétiques associées au risque de pneumonie ont été identifiées, dont huit pour la première fois.
- Le tabac et l'obésité font aussi augmenter le risque.
Selon la Fondation du souffle, on compte entre 400.000 et 500.000 cas de pneumonie tous les ans en France. Cette infection pulmonaire n’est pas anodine. Un patient sur 5 doit être hospitalisé et la mortalité varie de 5 à 10 %.
Des chercheurs de l’université d’Oulu (Finlande) ont découvert trois facteurs qui augmentent le risque de développer la maladie : les gènes, le tabac et l’obésité. L'étude a été publiée dans le dernier numéro d'EBioMedicine.
Gène, tabac et obésité : un lien avec les risques de pneumonie
Pour avoir une vision plus claire des personnes à risque de pneumonie, l’équipe a étudié les dossiers médicaux et les données génétiques de plus de 600.000 personnes venant de Finlande et d’Estonie. Ces analyses ont permis d'identifier 12 régions génétiques associées à un risque plus élevé de pneumonie, dont huit étaient repérés pour la première fois. "Beaucoup de ces régions sont liées à la régulation de la réponse inflammatoire du corps. Cependant, chez les patients atteints de pneumonie récurrente et chez les patients âgés, les gènes associés à la dépendance à la nicotine ont joué un rôle particulièrement important", ajoutent les auteurs.
Les chercheurs ont également repéré que le tabagisme et l'obésité pouvaient accroître le risque de pneumonie "grâce à une relation directe de cause à effet".
Comprendre la pneumonie pour améliorer les traitements et la prévention
Au-delà des trois facteurs de risque découverts, d’autres éléments sont connus pour favoriser la survenue de la maladie : l’âge (plus de 65 ans), une maladie pulmonaire préexistante (asthme, BPCO, mucoviscidose…), une pathologie chronique (diabète, insuffisance cardiaque, cirrhose), une hospitalisation, un déficit immunitaire ou des troubles de la déglutition.
"Comprendre les facteurs de risque héréditaires aide à clarifier pourquoi certaines personnes sont plus sensibles à la pneumonie et comment la maladie progresse. L'association entre les gènes liés à la dépendance à la nicotine et au risque de pneumonie chez les personnes âgées est une constatation d'une importance considérable pour la santé publique. À l'avenir, nos résultats pourraient être utilisés pour soutenir le développement de traitements et améliorer la prévention des maladies", conclut le professeur Timo Hautala de l'Université d'Oulu dans un communiqué.



