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Infectiologie

Comment notre mode de vie influence notre immunité

Des chercheurs ont découvert que l’efficacité de nos réponses immunitaires venait à la fois de nos gènes mais aussi de nos expériences de vie. 

Comment notre mode de vie influence notre immunité gpointstudio/iStock




L'ESSENTIEL
  • Nos réponses immunitaires dépendent à la fois de nos gènes et de nos expériences de vie, selon une nouvelle étude.
  • Dans ces travaux, des chercheurs ont mis au point une cartographie des modifications épigénétiques laissées par ces deux facteurs sur nos cellules immunitaires.
  • À l’avenir, cette découverte pourrait permettre la mise au point de traitements plus personnalisés pour lutter contre les maladies infectieuses.

En termes de santé, nous ne sommes pas tous égaux. Mais pourquoi ? Une étude publiée dans la revue Nature Genetics propose une réponse. Durant leur travaux, les chercheurs ont réussi à cartographier la façon dont les gènes et les expériences de vie influencent le fonctionnement des cellules immunitaires.

L’impact des gènes et des expériences de vie sur les cellules immunitaires

Les expériences de vie incluent l’exposition à l’environnement, aux infections ou aux vaccins. “Nos cellules immunitaires conservent une trace de nos gènes et de notre vécu, et ces deux influences façonnent le système immunitaire de façons très différentes”, explique Joseph Ecker, auteur principal de l'étude, dans un communiqué

Dans nos cellules, ces influences se traduisent par de petites modifications moléculaires appelées modifications épigénétiques. Celles-ci peuvent activer ou désactiver les gènes présents dans nos cellules et ainsi modifier la manière dont nos cellules fonctionnent.

Ces travaux montrent que les infections et les expositions environnementales laissent des empreintes épigénétiques durables qui influencent le comportement des cellules immunitaires, poursuit Joseph Ecker. En analysant ces effets cellule par cellule, nous pouvons commencer à relier les facteurs de risque génétiques et épigénétiques aux cellules immunitaires spécifiques où la maladie prend réellement naissance.” 

Pour cela, les scientifiques ont analysé des échantillons sanguins de 110 personnes avec des profils génétiques et des expériences de vie très différentes : vaccination, exposition aux pesticides, différents types d’infections (grippe, VIH, SARS-CoV-2, etc.). Résultat : les modifications épigénétiques héritées et celles acquises au fil de la vie n’agissent pas de la même façon. Les premières régulent des programmes immunitaires stables et durables, comme ceux des lymphocytes T, tandis que les secondes influencent des régions plus flexibles du génome, impliquées dans les réponses rapides aux infections. Ces différences pourraient expliquer pourquoi certaines personnes développent des formes plus sévères de maladies infectieuses.

Vers des traitements plus individualisés des infections

Dans cette étude, les chercheurs ont créé un atlas épigénétique, une cartographie des modifications laissées par les gènes et le vécu sur les cellules immunitaires. À terme, cet outil pourrait permettre de mieux prévoir l’évolution d’une infection chez un patient et de concevoir des stratégies de prévention ou de traitements personnalisés, adaptées au profil immunitaire de chacun.

Nos travaux posent les bases pour développer des stratégies de prévention personnalisées contre les maladies infectieuses, conclut Wenliang Wang, autre auteur. Pour la Covid-19, la grippe ou de nombreuses autres infections, nous pourrions un jour être capables de prédire comment une personne réagira à une infection, même avant qu’elle ne soit exposée.”

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