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Dépistage

Parkinson : les premiers signes de la maladie peuvent être identifié dans le sang

Des chercheurs ont identifié des biomarqueurs de la maladie de Parkinson présents dans le sang dès les premiers stades de l’affection neurodégénérative.

Parkinson : les premiers signes de la maladie peuvent être identifié dans le sang Chainarong Prasertthai/istock




L'ESSENTIEL
  • Une équipe de chercheurs a réussi à identifier des biomarqueurs de la maladie de Parkinson à ses stades les plus précoces.
  • Ils sont mesurables dans le sang, mais seulement pendant une période limitée.
  • Cette découverte pourrait faciliter le dépistage mais aussi ouvrir la voie à de nouveaux traitements.

La maladie de Parkinson touche plus de 10 millions de personnes dans le monde. Et, ce chiffre devrait plus que doubler d’ici 2050 en raison du vieillissement de la population. Comme de nombreuses pathologies dégénératives, une prise en charge précoce permet de freiner sa progression.

Des chercheurs de l'université de technologie Chalmers (Suède) viennent d’identifier des biomarqueurs présents dans le sang des patients dans les stades les plus précoces de la maladie, avant même que des lésions cérébrales importantes ne surviennent. Toutefois, ces traces mesurables ne sont présentes que sur une période limitée !

Leurs travaux ont été publiés dans Npj Parkinson’s Disease, le 5 décembre 2025.

Un profil d’activité génétique spécifique au stade précoce de Parkinson

À la recherche d’un moyen de faciliter le dépistage des patients atteints de la maladie de Parkinson, l’équipe s’est particulièrement intéressée à deux processus qui interviendraient dans la phase très précoce de la maladie (soit jusqu'à 20 ans avant l'apparition des symptômes moteurs) :

  • La réparation des lésions de l'ADN : il s'agit du système intégré aux cellules détecter et corriger les lésions.
  • La réponse au stress cellulaire : "une réaction de survie activée par les menaces, au cours de laquelle les cellules privilégient la réparation et la protection en suspendant leurs fonctions normales", expliquent les auteurs.

Les scientifiques ont fait appel à l'apprentissage automatique et d'autres techniques pour mieux comprendre ces deux processus biologiques. Ils ont ainsi fait des analyses chez des patients atteints d’un parkinson en phase précoce ou déclaré et des personnes en bonne santé.

Ils ont découvert un profil d'activité génique spécifique lié à la réparation des dommages à l'ADN et à la réponse au stress chez les malades atteints d’une forme précoce. Il n’était observé ni chez les sujets sains, ni chez les patients ayant déjà des symptômes. "Cela signifie que nous avons identifié une fenêtre d'opportunité cruciale pour détecter la maladie avant l'apparition des symptômes moteurs causés par les lésions nerveuses cérébrales. Le fait que ces schémas ne se manifestent qu'à un stade précoce et ne sont plus activés lorsque la maladie progresse rend d'autant plus intéressant l'étude de ces mécanismes en vue de la mise au point de futurs traitements", explique Pr Annikka Polster, qui a dirigé l'étude.

De plus, les biomarqueurs de ce profil d'activité génétique peuvent être mesurés dans le sang.”Cela ouvre la voie à des tests de dépistage à grande échelle par prélèvement sanguin : une méthode rentable et facilement accessible”, ajoute la Pr Polster.

Maladie de Parkinson : un test de dépistage testé d’ici 5 ans

Après cette découverte, les scientifiques suédois vont tenter "de comprendre précisément le fonctionnement des mécanismes activés au stade précoce de la maladie et de développer des outils pour faciliter encore davantage leur détection". Ils travaillent notamment sur des tests sanguins. Ils espèrent pouvoir les tester en milieu hospitalier d’ici cinq ans. Pouvoir diagnostiquer précocement la maladie serait une vraie avancée pour les malades.

"Au moment où les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson apparaissent, 50 à 80 % des cellules cérébrales concernées sont souvent déjà endommagées ou détruites. Cette étude représente une avancée importante pour faciliter le dépistage précoce de la maladie et freiner sa progression avant qu’elle n’atteigne un stade aussi avancé", explique Danish Anwer, premier auteur de l’étude.

Ces biomarqueurs mis en évidence ainsi que les nouvelles recherches menées à ce sujet pourraient aussi à plus long terme aider à développer des médicaments.

"Si nous parvenons à étudier ces mécanismes au fur et à mesure qu'ils se produisent, cela pourrait nous apporter des clés importantes pour comprendre comment les stopper et quels médicaments pourraient être efficaces. Il pourrait s'agir de nouveaux médicaments, mais aussi du repositionnement de médicaments existants, où nous pourrions utiliser des médicaments développés pour d'autres maladies que la maladie de Parkinson, car les mêmes activités génétiques ou mécanismes sont impliqués", conclut la Pr Polster dans un communiqué.

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