Il y a six ans, la France était plongée dans le premier confinement. Depuis, deux millions de personnes continuent de vivre avec la Covid-19 : elles souffrent d’un Covid long, une forme prolongée de la maladie. Aujourd’hui, aucune prise en charge spécifique et aucun traitement n’existent pour soulager ces patients. Le 15 mars était la journée internationale de sensibilisation à cette maladie encore mal comprise.
Qu’est-ce que le Covid long ?
"L’affection post-Covid-19 se caractérise par une série de symptômes qui apparaissent généralement dans les trois mois suivant la Covid-19 proprement dite et durent au moins deux mois, précise l’Organisation Mondiale de la Santé. L’affection post-Covid-19 peut avoir des répercussions sur la capacité d’une personne à mener à bien ses activités quotidiennes, par exemple à travailler ou à s’acquitter des tâches ménagères, et restreindre la participation sociale." Concrètement, les personnes touchées peuvent souffrir de fatigue intense, de douleurs musculaires ou articulaires, de maux de tête, de troubles de la concentration, de difficultés à réfléchir, d’altérations du goût ou de difficultés à respirer. Pour soulager ces symptômes, aucun traitement spécifique n’existe. "À l’heure actuelle, les travaux de recherche sur les traitements restent limités et il faut encore mener des études de grande ampleur pour déterminer quels sont les traitements les plus efficaces", précise l’OMS.
Covid long : une journée de mobilisation et de sensibilisation le 15 mars
Depuis 2023, le 15 mars est la journée internationale de sensibilisation au Covid long : elle permet d’alerter sur la pathologie, ses symptômes et sur l’absence de traitement dédié. En France, plusieurs rassemblements et actions ont été organisés. Comme le rapporte Ici, un collectif de Seine-Maritime a lancé un questionnaire à destination des personnes malades et de leurs proches. L’objectif est de le transmettre ensuite au ministère de la Santé. Ces patients souhaitent notamment que le décret de la loi de 2022 soit promulgué : il prévoit la création d'une plateforme de référencement et de prise en charge des personnes atteintes de Covid-long.
À Paris, vendredi 13 mars, une dizaine de patients a manifesté devant l’hôpital Hôtel Dieu pour dénoncer un manque de reconnaissance de leur pathologie par les institutions mais aussi le manque de recherche médicale sur le sujet.
Covid long : la thèse controversée des "facteurs mécanismes psychologiques"
Mais ils dénoncent aussi une thèse développée par des chercheurs français. Des scientifiques avancent la piste psychologique pour expliquer les symptômes du Covid long. "Le rôle potentiel de mécanismes psychologiques dans cette affection post-Covid-19, souvent qualifiée de Covid long, est évoqué depuis les premiers mois de la pandémie", expliquaient Cédric Lemogne et Brigitte Ranque, en préambule de leurs travaux parus dans le Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine, en 2023. Ils avaient également publié une tribune dans Le Monde, en novembre 2025. "Parallèlement à la ‘science des maladies’, nous plaidons pour que la ‘science des symptômes’ devienne un pilier de la recherche et de la formation médicale, écrivaient-ils. L’offre de soins doit également être repensée en conséquence, pour proposer une prise en charge véritablement biopsychosociale et multidisciplinaire dans laquelle tous les symptômes sont pris au sérieux."
Ces travaux ne créent toutefois pas de consensus. Dans un article de France 24, reprenant des informations de l’AFP, l’épidémiologiste Ziyad Al-Aly, auteur d’une autre étude sur le Covid long,précise que cette hypothèse est marginale dans la communauté scientifique. S’il souligne que les signes psychologiques peuvent être des manifestations de la pathologie, il ajoute que "ce n'est pas du tout comme affirmer qu'ils sont la cause des symptômes".



