Un champ visuel qui se réduit progressivement jusqu’à la cécité totale. Le glaucome peut entraîner une perte irréversible de la vue lorsqu’il est détecté trop tard. Or cette pathologie n’est pas toujours précédée de symptômes. Face à l’augmentation prévue des cas dans les années à venir, le dépistage et la prévention sont essentiels.
Glaucome : une hausse des cas à prévoir
Le glaucome est la conséquence d’une pression intraoculaire trop élevée : elle dégrade le nerf optique, jusqu’à parfois le détruire entièrement. "L’atteinte visuelle causée par la maladie touche d’abord la périphérie du champ visuel, puis s’étend progressivement vers son centre", indique l’Inserm. Le risque d’en souffrir augmente à partir de 40 ans.
Dans un communiqué paru à l’occasion de la semaine mondiale du glaucome, entre le 8 et le 14 mars dernier, le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF) rappelle que 11 millions de personnes sont touchées aujourd’hui par cette maladie, mais qu’elles pourraient être 111 millions d’ici à 2040. "En France, environ 800.000 patients sont traités pour un glaucome, tandis qu’entre 400.000 et 500.000 personnes seraient porteuses de la maladie sans le savoir, exposées à un risque accru de malvoyance ou de cécité", souligne le syndicat.
Glaucome : peut-on prévenir la maladie ?
Le glaucome est une maladie irréversible, mais la perte de la vue est évitable. "L’atteinte fonctionnelle peut être évitée par un traitement médicamenteux au long cours bien suivi, à condition de le débuter avant la destruction des cellules nerveuses, annonce l’Inserm. Tout l’enjeu repose donc sur le dépistage précoce de la maladie." Il repose sur la mesure de la pression oculaire et d’une analyse de l’œil. "Environ 30 % des glaucomes ont un caractère héréditaire et le dépistage doit être renforcé dans les familles présentant des antécédents de glaucome, complète l’institut. Par ailleurs, l’augmentation de l’âge, une très forte myopie, une hypertension, un diabète, une apnée du sommeil ou encore la prise prolongée de corticoïdes peuvent accroitre le risque de glaucome."
Lors de la semaine mondiale du glaucome, un groupe d'experts et de patients a présenté des propositions pour améliorer le dépistage et la prise en charge de la maladie. Citées par Le Progrès, elles reposent notamment sur une meilleure sensibilisation au dépistage, un parcours de soins facilité pour les patients concernés et une identification des personnes à risque. Les signataires de ces propositions appellent également à un meilleur accès aux innovations thérapeutiques ou chirurgicales. "La France accuse (...) un retard considérable qu'il est désormais temps de rattraper en ce qui concerne l'accès à l'innovation", soulève le Pr Florent Aptel, médecin ophtalmologue au CHU de Perpignan et président de la Société Française du Glaucome sur le site du Progrès. Enfin, l'expert et les autres signataires des propositions appellent à la reconnaissance du glaucome comme un handicap.



