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QUESTION D'ACTU

Effet secondaire

Démence : ce médicament peut mettre à mal le cerveau des seniors

Un gériatre met en garde contre les effets néfastes pour le cerveau de l’utilisation prolongé des anticholinergiques chez les personnes de plus de 60 ans.

Démence : ce médicament peut mettre à mal le cerveau des seniors Baurzhan Ibrashev/istock




L'ESSENTIEL
  • Les anticholinergiques inhibent l'action du neurotransmetteur acétylcholine.
  • Ces médicaments sont associés à un risque accru de déclin cognitif, surtout chez les seniors.
  • Mais, il n'y a pas des alternatives thérapeutiques pour toutes les pathologies.

BPCO, Asthme, troubles urinaires, maladie de Parkinson, dépression… les anticholinergiques sont prescrits contre de nombreuses maladies. Leur éventail d'action est assez large, car ils permettent de diminuer certaines fonctions automatiques du corps (sécrétions, contractions, spasmes…). Ils y parviennent en bloquant l’action de l’acétylcholine, un neurotransmetteur qui participe à la transmission de l’influx nerveux entre les nerfs et les organes, surtout dans le système nerveux parasympathique.

Toutefois, dans une interview accordée au Journal des Femmes, le Dr Pierre-Edouard Baudouin, gériatre à l'hôpital Paul-Brousse, appelle à la prudence avec ce traitement courant.

Après 60 ans, une exposition prolongée aux anticholinergiques peut accélérer la dégénérescence du cerveau.

L’utilisation prolongée d’anticholinergiques peut réduire le cerveau

Comme tous les médicaments, les anticholinergiques peuvent avoir des effets secondaires. De nombreuses études ont, entre autres, mis en évidence un lien entre une utilisation prolongée de ces traitements et une baisse des fonctions cognitives et une possible atrophie du cerveau chez les seniors.

"Chez les patients déjà atteints de troubles cognitifs — comme ceux souffrant de la maladie d'Alzheimer, où les neurones cholinergiques sont déjà en grande partie détruits, l'effet est direct : la quantité d'acétylcholine étant déjà réduite, l'administration d'un anticholinergique aggrave la situation", indique le Dr Baudouin. Par ailleurs, l’inhibition de l’acétylcholine est aussi susceptible de favoriser la production l’hormone du stress appelé cortisol. Or, cette dernière est connue pour jouer dans la dégénérescence cérébrale.

"Si l'ensemble des médicaments anticholinergiques comporte un risque, les psychotropes — en particulier les neuroleptiques — figurent parmi ceux qui possèdent la charge anticholinergique la plus élevée", ajoute le médecin. Autre difficulté, ces traitements - à l’exemple de l’antidépresseur Laroxyl (Amitriptyline) — sont généralement prescrits sur le long terme. Les neuroleptiques présentent la même problématique.

"À l'inverse, d'autres médicaments anticholinergiques, comme ceux utilisés contre les troubles urinaires (généralement à partir de 60-65 ans) sont débutés plus tardivement. Ceux contre la douleur sont quant à eux prescrits sur une courte durée donc l'imprégnation est plus courte à l'échelle du patient", souligne le gériatre.

Anticholinergiques : peut-on s’en passer ?

Malgré ces effets nocifs bien connus, il n’est pas toujours évident de se passer des anticholinergiques. "Lorsqu'il s'agit de troubles psychiatriques, notamment d'hallucinations ou de troubles du comportement sévères, les alternatives aux psychotropes, en particulier aux antidépresseurs et aux antipsychotiques, restent très limitées", explique le Dr Baudouin. Il ajoute ensuite : "en revanche, pour d'autres indications comme les troubles urinaires ou certaines pathologies cardiovasculaires, des options thérapeutiques non-anticholinergiques existent et peuvent être envisagées". L’évaluation du rapport bénéfice-risque est faite par le médecin traitant, en fonction des médicaments pris, de la maladie soignée et des antécédents du patient.

Par ailleurs, il est essentiel de ne pas stopper ces traitements sans avis médical. En cas de doutes ou de craintes, il faut consulter son docteur.

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