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Alimentation

Pesticides : doit-on se méfier des pommes ?

Des organisations environnementales alertent sur la contamination des pommes par des pesticides considérés comme hautement toxiques.

Pesticides : doit-on se méfier des pommes ? Bohdan Bevz/iStock




L'ESSENTIEL
  • Le collectif PAN Europe, composé de 13 organisations environnementales, dénonce la présence de mélanges de pesticides, notamment des PFAS et des neurotoxines, dans la plupart des pommes européennes.
  • Les auteurs soulignent le problème des expositions multiples, qui n'est pas pris en compte dans le processus réglementaire.
  • Étant donné que la pomme représente une source importante d'exposition aux pesticides pour les consommateurs, il est recommandé aux parents de donner des pommes biologiques à leurs enfants.

En Europe, les pommes figurent parmi les fruits les plus consommés. C’est une bonne nouvelle, car selon un proverbe connu, validé par des recherches, "une pomme par jour éloigne le médecin." En effet, cet aliment croquant est une source de fibres et de vitamines, contribue à réguler la faim, et est bénéfique pour notre microbiote intestinal. Mais reste-t-il sain après avoir été "traité 301 fois", avec des pesticides, "avant d'arriver en magasin" ? C’est la question que se s’est posé le collectif PAN Europe, composé de 13 organisations environnementales. Pour y répondre, ils ont acheté différentes variétés de pommes produites localement dans des supermarchés ou sur des marchés de 13 pays européens : Allemagne, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, France, Hongrie, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, République tchèque et Suisse. En France, les variétés sélectionnées étaient Gala, Golden Delicious, Elstar, Reine des Reinettes, Belle de Boskoop.

59 échantillons de pommes étudiés

Entre le 1er et le 20 septembre 2025, 59 échantillons de pommes cultivées localement ont été collectés. Il a été considéré que toutes les pommes d’un même échantillon provenaient du même producteur et avaient subi les mêmes traitements et niveaux de contamination. Les prélèvements ont été envoyés à un laboratoire accrédité pour l’analyse des résidus de pesticides. "Cette analyse a été réalisée conformément aux normes internationales de certification. (…) Des statistiques spécifiques ont été établies pour une série de pesticides : les pesticides PFAS (composés per- et polyfluoroalkylé), selon leur formule chimique ; les candidats à la substitution, en fonction la définition légale de l'UE ; et les pesticides neurotoxiques, selon les travaux de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)."

Au moins un pesticide PFAS dans 64 % des échantillons de pommes

D’après le rapport, la quasi-totalité (93 %) des échantillons contenait au moins un résidu de pesticide et 85 % d'entre eux en contenaient plusieurs. Certains échantillons contenaient jusqu'à sept résidus de pesticides différents. Les pesticides de la catégorie européenne des plus toxiques (candidats à la substitution) contaminent 71 % des échantillons, tandis que 64 % des échantillons contiennent au moins un pesticide PFAS. Des pesticides neurotoxiques ont aussi été détectés dans 36 % des échantillons.

Pour rappel, ces composés extrêmement persistants sont liés à une hausse du taux de cholestérol, des cancers, des effets sur la fertilité et le développement du fœtus, sur le foie, sur les reins. "Ils sont également suspectés d’interférer avec le système endocrinien (thyroïde) et immunitaire. En décembre 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le PFOA comme 'cancérogène pour l’Homme' et le PFOS comme 'peut-être cancérogène pour l’Homme' (Groupe 2B)", indique l’Anses.

Le problème des expositions multiples

"Même si, individuellement, les résidus de pesticides restent inférieurs à la limite maximale de résidus (LMR), les résultats sont très préoccupants, compte tenu de la diversité des substances détectées et du fait que la majorité des pommes contiennent de multiples résidus, véritables cocktails de pesticides", peut-on lire dans l’étude. Les pesticides font encore l'objet d'évaluations des risques de manière isolée, et l'effet synergique de plusieurs pesticides est largement ignoré. Selon le collectif, de plus en plus de preuves scientifiques mettent en évidence l'impact potentiel de l'exposition à de multiples résidus de pesticides via l'alimentation, notamment sur les maladies de la reproduction.

Privilégier les pommes bio pour les enfants

Enfin, les données montrent que, s'ils étaient commercialisés comme aliments pour bébés transformés, 93 % des échantillons de pommes seraient interdits, car ils dépassent la limite légale de 0,01 mg/kg. L'UE a en effet fixé des limites strictes pour les enfants de moins de trois ans, afin de protéger leur développement. "Nous encourageons la consommation de fruits, mais chacun a le droit à une alimentation saine, non contaminée par un cocktail de produits chimiques toxiques", indique les ONG. Ainsi, les auteurs recommandent aux parents de privilégier les pommes biologiques pour l'alimentation de leurs enfants et de les peler si elles ne sont pas biologiques. Ils demandent également aux politiciens de mieux appliquer la loi, car plusieurs substances détectées auraient dû être interdites en raison de leur toxicité intrinsèque, conformément au droit européen.

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