- Stimuler son cerveau tout au long de la vie pourrait retarder la maladie d’Alzheimer.
- Une étude portant sur près de 2.000 personnes montre que les activités intellectuelles sont associées à un déclin cognitif plus lent.
- Les chercheurs évoquent le rôle protecteur de la "réserve cognitive".
Lire, apprendre une langue ou résoudre des énigmes : ces activités peuvent-elles réellement protéger notre cerveau contre le vieillissement ? C’est ce qu’affirme une équipe de chercheurs de la Rush University Medical Center à Chicago, aux Etats-Unis, après avoir mené une étude sur le sujet, publiée dans la revue Neurology. Il apparaît que stimuler régulièrement son esprit tout au long de la vie pourrait retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer, la plus courante des démences, et ralentir le déclin cognitif.
Des activités cognitives qui "étirent" le cerveau
Pour leurs travaux, les scientifiques ont suivi près de 2.000 adultes âgés de 53 à 100 ans, tous sans démence au début de l’étude. Pendant huit ans, les participants ont été interrogés sur leurs activités éducatives et intellectuelles à différentes périodes de leur vie, et ont passé une série de tests neurologiques.
Résultat : les personnes qui pratiquaient souvent des activités intellectuellement stimulantes – comme lire, écrire, jouer aux échecs, apprendre une nouvelle langue, faire des mots croisés, ou aller au musée – présentaient un risque plus faible de développer une démence. "Ces activités 'étirent' en quelque sorte votre cerveau et votre façon de penser. En les pratiquant, vous utilisez différents systèmes cognitifs", explique la neuropsychologue Andrea Zammit, de la "Rush", qui a dirigé l’étude, à Euronews.
Dans le détail, il est apparu que chez les personnes les plus engagées dans l’apprentissage et les activités dites intellectuelles, la maladie d’Alzheimer apparaissait en moyenne près de cinq ans plus tard que chez celles qui en pratiquaient le moins. En analysant les cerveaux de 948 participants décédés pendant l’étude, les chercheurs ont également constaté que, même lorsque les marqueurs biologiques d’Alzheimer étaient présents, les personnes ayant eu une vie pleine d’activités cognitives conservaient de meilleures capacités de mémoire et de réflexion.
La "réserve cognitive", un bouclier pour le cerveau
Les scientifiques parlent de "réserve cognitive" pour décrire ce phénomène. L’idée est que l’apprentissage et les activités mentales renforcent les connexions entre différentes zones du cerveau, le rendant plus résistant aux effets du vieillissement ou de la maladie.
Bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour commencer, selon les chercheurs. Même les personnes qui n’ont pas eu beaucoup de stimulation intellectuelle dans leur jeunesse pourraient en tirer des bénéfices en s’y mettant plus tard. Le milieu de la vie apparaîtrait même comme une période particulièrement importante pour protéger la santé du cerveau.
Alors que la démence touche plus de 57 millions de personnes dans le monde et qu’environ 10 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, les experts rappellent que la santé du cerveau dépend aussi d’autres facteurs : l’activité physique, un bon sommeil, une alimentation équilibrée, le contrôle de la tension artérielle ou encore certaines vaccinations à un âge avancé peuvent également jouer un rôle.



