- A Toulouse, une femme a retrouvé son géniteur – et celui d’environ 160 autres enfants – grâce à un test ADN.
- En France, la loi bioéthique de 2021 a mis fin à l’anonymat des donneurs de gamètes.
- La PMA représente 2,7 % des naissances en France, mais seuls 4 % de ces actes concernent un don de gamètes.
Un même homme à l’origine de 160 enfants ? C’est la découverte rocambolesque faite par une trentenaire née d’un don de sperme dans la région de Toulouse. Une histoire rendue possible par les tests ADN, et qui révèle les zones d’ombre d’un système d’insémination artificielle longtemps fondé sur l’anonymat.
Une traque ADN pour retrouver son père biologique
"Cassandre", comme désignée par La Dépêche qui révèle l’histoire, est née en 1987, bien avant la loi bioéthique de 2021. Elle a entamé une véritable enquête génétique pour retrouver son géniteur grâce à un test ADN et la correspondance avec un membre de la famille du donneur. Elle apprend ainsi que son père biologique était un médecin, ami d’un gynécologue qui réalisait des inséminations. Ce dernier, pendant vingt ans, a fait appel à lui pour "dépanner" ponctuellement. Résultat : environ 160 enfants, en majorité des filles, seraient nés de ses dons.
"Cassandre" en a déjà retrouvé 16, toutes femmes nées entre 1973 et 1995 dans la région toulousaine. Elle invite les mères qui auraient eu un enfant par insémination mais qui ne l’auraient pas dit à leur enfant de se rapprocher de l’association PMAnonyme. "Chaque lecteur dans la trentaine ou quarantaine a probablement, au moins dans ses amis d’amis, l’une de mes demi-sœurs biologiques", affirme-t-elle.
Fin de l’anonymat des donneurs de gamètes
Cette affaire hors du commun s’inscrit dans un contexte de profonde mutation législative. Depuis le 1er septembre 2022, en application de la loi bioéthique adoptée en 2021, les enfants nés d’un don de gamètes (spermatozoïdes et ovocytes) peuvent accéder à leurs origines à compter de leur majorité. Une réforme qui met fin à l’anonymat garanti jusqu’alors aux donneurs.
Désormais, les dons sont conditionnés au consentement, par le donneur, que son identité puisse être révélée. Depuis le 31 mars 2025, les gamètes de donneurs anonymes ne peuvent donc plus être utilisés pour de nouvelles fécondations in vitro (FIV). Toutefois, pour éviter qu’ils ne soient détruits, les embryons déjà congelés avant la date butoir de 2022 restent utilisables, à condition que les parents soient mis au courant du statut particulier de l’embryon. Ainsi, seuls les dons pour lesquels les donneurs refusent de modifier leurs données ont été ou seront supprimés. Les autres sont conservés avec mise à jour des informations.
En 2020, selon les chiffres du ministère de la Santé, 20.223 enfants sont nés via une FIV, soit 2,7% de l’ensemble des naissances. Mais seules 4% des FIV réalisées au cours de cette année l'ont été avec des gamètes issues de don.


