- Des chercheurs ont découvert un lien entre le microbiote et l'obésité.
- Les personnes souffrant d'obésité ont plus de Streptococcus parasanguinis, d'Actinomyces oris et d'Oribacterium sinus que les autres.
- Une analyse de salive pourrait aider à identifier les personnes à risque d'obésité.
En quelques décennies, l’obésité est devenue un vrai enjeu de santé publique mondiale. Et l’Hexagone ne fait pas exception. Près d'un adulte sur deux (47,3 %) est aujourd'hui en surpoids ou obèse en France. Des chercheurs de la New York University Abu Dhabi pourraient avoir trouvé un moyen de faciliter le dépistage des personnes à risque, et ainsi d’agir avant que les kilos en trop ne s'installent.
Ils ont en effet découvert que les patients souffrant d’obésité avaient un microbiote oral différent des personnes ayant un poids santé.
Obésité et microbiote : plus de bactéries inflammatoires et moins de bactéries protectrices
"Bien que le microbiome intestinal ait été impliqué dans l'obésité, la contribution du microbiome oral – le deuxième plus grand écosystème microbien du corps – reste sous-explorée", expliquent les auteurs dans leur article paru dans la revue Cell Reports. Pour éliminer cette zone d’ombre, ils ont prélevé la salive de 628 Émiratis et ont réalisé un profilage de leur microbiote oral.
"Les participants obèses présentent une diversité microbienne, une composition, des fonctions et des métabolites altérés avec l'enrichissement de Streptococcus parasanguinis pro-inflammatoire, ainsi que d'Actinomyces oris et d'Oribacterium sinus producteurs de lactate", indiquent les scientifiques. Or, les agents pathogènes qui produisent du lactate, sont associés à un risque accru de diabète de type 2 et à un mauvais métabolisme.
Ainsi, les bactéries liées à l'inflammation étaient plus courantes, tandis que celle qui soutiennent un métabolisme sain étaient moins abondantes dans le groupe des personnes en obésité.
De plus, ces changements dans la composition du microbiote oral étaient accompagnés de niveaux plus élevés de sous-produits chimiques spécifiques comme l’uridine et uracile. Ces derniers ont été déjà liés dans de précédents travaux à la prise de poids et aux maladies métaboliques.
Vers un test salivaire pour dépister les risques d’obésité
"Ensemble, ces résultats suggèrent que les déséquilibres dans la communauté microbienne de la bouche peuvent contribuer à l'inflammation et au stress métabolique, une condition dans laquelle le corps subit une perturbation des processus métaboliques normaux lorsque les demandes d'énergie ou l'équilibre cellulaire dépassent la capacité du corps, ce qui entraîne une altération de la fonction et des réponses cellulaires, souvent observées dans l'obésité", concluent les chercheurs dans leur communiqué.
L’équipe n’a pas encore déterminé si la composition divergente du microbiote de la bouche était une cause ou un effet de l’obésité. Toutefois, pour elle, les résultats de l’étude montrent que le microbiote oral pourrait être de une "nouvelle cible pour la prévention et l'intervention de l'obésité". Si leurs résultats sont confirmés, on peut imaginer à terme le développement d’un test salivaire permettant d’identifier les personnes présentant des risques d’obésité et ainsi pouvoir les prendre en charge précocement.



