- Aider à prendre soin des petits-enfants protège contre le déclin cognitif.
- Les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants avaient de meilleurs scores de mémoire et de fluidité verbale.
- Ce lien était plus marqué chez les grands-mères.
Vacances scolaires, absence de l’instituteur ou de la nounou, imprévus, soirée en amoureux… les enfants adultes appellent souvent leurs propres parents à l’aide pour garder leur progéniture. Ce qui bouscule très généralement le planning et les habitudes des grands-parents. Toutefois, ce service leur serait aussi bénéfique, selon une nouvelle étude menée par l’université de Tilburg (Pays-Bas), l'université de Genève (Suisse) et Karolinska Institutet (Suède).
Les chercheurs européens assurent que garder régulièrement ses petits-enfants retarde les effets du vieillissement et le déclin cognitif. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Psychology and Aging.
Moins de déclins cognitifs pour les grands-parents impliqués
Pour étudier les effets du baby-sitting chez les grands-parents, l’équipe a examiné les dossiers de 2.887 grands-parents ayant participé à une étude longitudinale anglaise sur le vieillissement. L’âge moyen de ce groupe était 67 ans et ils avaient tous plus de 50 ans.
Les participants ont répondu à un questionnaire sur leurs habitudes et leurs liens familiaux. Ils devaient par exemple indiquer à quelle fréquence ils voyaient leurs petits-enfants, les activités qu’ils avaient avec eux (jeux, aide au devoir…), les soins qu’ils prodiguaient (repas, bains, coucher...) et s’ils les gardaient et dans quelles conditions (nuit, maladie, après l’école, vacances…). De plus, les volontaires ont passé des tests cognitifs par trois fois entre 2016 et 2022.
L’analyse des données montre que les grands-parents qui gardaient souvent leurs petits-enfants avaient de meilleurs scores de mémoire et de fluidité verbale, même après avoir pris en compte l'âge, la santé et d'autres facteurs. Cette association bénéfique entre le baby-sitting et la protection des capacités cognitives était la plus marquée chez les femmes.
La fréquence des baby-sittings ne semble pas jouer un rôle
Toutefois, pas la peine de se transformer en garderie à temps plein. Il semblerait qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir ses petits-enfants tous les jours pour protéger son cerveau. "Ce qui nous a le plus frappé, c'est que le fait d'être un grand-parent aidant semble avoir un impact plus important sur les fonctions cognitives que la fréquence des soins prodigués ou les activités pratiquées avec les petits-enfants", explique Flavia Chereches de l’université de Tilburg, auteure de l’étude, dans un communiqué.
"Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats. Toutefois, si les bienfaits de l'aide apportée aux petits-enfants existent pour les grands-parents, ils pourraient ne pas dépendre de la fréquence des soins ni des activités spécifiques pratiquées, mais plutôt de l'expérience large d'être impliqué dans les soins", ajoute l’experte.
Les chercheurs comptent également explorer si les effets sont différents si l’aide apportée est volontaire et bien vécue ou vue comme une obligation et une situation stressante.



