- La leptospirose, maladie bactérienne transmise par l’urine des animaux, connaît une recrudescence en France.
- Si elle est souvent bénigne, elle peut évoluer vers des formes graves, voire mortelles.
- La prévention repose sur l’hygiène, la vaccination animale et la vigilance en matière de baignade.
Trois jeunes adultes en réanimation après l’achat de rats dans une même animalerie, un chien décédé en Bretagne début janvier : ces faits récents, rapportés par l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté, ont mis en lumière une maladie méconnue du grand public, la leptospirose. Cette zoonose, transmissible de l’animal à l’humain, fait l’objet d’une surveillance accrue en France.
Une zoonose "mortelle dans 5 à 20 % des cas"
La leptospirose est une maladie infectieuse causée par une bactérie du genre Leptospira, transmise principalement par les urines d’animaux porteurs, notamment les rats. Elle est présente partout dans le monde, mais sévit davantage dans les zones tropicales. En France hexagonale, mais Santé publique France observe une hausse constante des cas depuis 2014, avec environ 600 à 700 cas annuels. L’incidence est bien plus élevée en outre-mer : jusqu’à 70 fois supérieure à la métropole. La Réunion ou la Polynésie française sont régulièrement touchées. Dans le monde, on recense plus d’un million de cas graves par an, avec un taux de mortalité dépassant les 10 %.
Après une incubation de 5 à 14 jours, la leptospirose débute souvent par une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et des yeux rouges. Le diagnostic repose sur un test PCR ou une sérologie. Selon l’Institut Pasteur, si la maladie est "souvent bénigne" chez l’être humain, "elle peut toutefois conduire à une insuffisance rénale, et devient mortelle dans 5 à 20 % des cas". Les formes modérées guérissent parfois spontanément, mais un traitement antibiotique est souvent recommandé.
Des animaux porteurs, des humains exposés
Les principaux réservoirs de la leptospirose sont les rongeurs, mais tous les mammifères peuvent être infectés : chiens, porcs, bovins, chevaux ou encore insectivores disséminent la bactérie dans leur urine, explique l'Institut Pasteur. Les humains sont ensuite contaminés via des plaies ou les muqueuses qui ont été en contact avec de l’eau ou de la boue souillée. Les professions à risque sont nombreuses : égoutiers, éleveurs, agriculteurs, éboueurs, mais aussi les amateurs de sports nautiques ou de baignades en eau douce. En août 2025, un jeune a contracté la leptospirose en nageant dans une rivière interdite à la baignade car "la qualité des eaux (n’était) pas au rendez-vous”.
La vaccination des chiens reste essentielle
La prévention repose d’abord sur des mesures environnementales : dératisation, drainage des zones inondées, assainissement des eaux usées... Sur le plan individuel, le port de gants, bottes et lunettes est recommandé pour les personnes exposées. La baignade en eau douce doit aussi être évitée en cas de plaies.
Pour les chiens, la vaccination reste essentielle. Le 3115 Urgences Vétérinaires, cité par Dernières Nouvelles d’Alsace, rappelle que "20 à 50 % des chiens atteints d’une forme sévère, même hospitalisés, ne survivent pas. Sans prise en charge rapide, le taux de décès atteint 90 à 100 %". Un vaccin humain existe en France, mais il est réservé aux professionnels à risque.


