- Un laser expérimental permet de retirer des tissus avec une précision extrême.
- Testé sur des tissus mous, il ne provoque aucun dommage collatéral.
- Cette technologie pourrait révolutionner la neurochirurgie dans les années à venir.
Retirer une tumeur cérébrale avec la finesse d’un micro-scalpel, sans dommage collatéral : c’est le pari lancé par une équipe de chercheurs écossais, présenté dans la revue Biomedical Optics Express. Grâce à un laser ultraviolets aux impulsions ultra-courtes, ils espèrent bientôt découper les tissus du cerveau à l’échelle du micron, sans toucher aux structures vitales.
Un laser 10 fois plus précis que les outils actuels
Depuis plus de 30 ans, les lasers sont utilisés en ophtalmologie pour corriger certains troubles de la vision. Mais leur application dans des tissus mous comme le cerveau restait jusqu’ici inexplorée. Une équipe des universités de Heriot-Watt et d'Edimbourg a réalisé l'une des études les plus détaillées sur l'interaction entre des lasers ultraviolets à impulsions ultra-courtes et des tissus biologiques souples.
"Notre objectif final est de rendre la chirurgie cérébrale plus précise", explique Tatiana Malikova, doctorante à Heriot-Watt, dans un communiqué. L’équipe a testé le laser sur du foie d’agneau, proche du tissu cérébral du fait de sa fragilité, et a réussi à retirer des couches de tissus de 10 micromètres, soit dix fois plus précis que les outils actuels utilisés en bloc opératoire.
Mieux, les lasers utilisés (206 nanomètres, 250 femtosecondes) ont permis une ablation nette du tissu sans endommager les zones avoisinantes. "Nous avons démontré une précision de 10 micromètres sans dommage collatéral détectable", assure Tatiana Malikova. Pour Paul Brennan, neurochirurgien à l’université d’Edimbourg, ce niveau de précision pourrait bien être révolutionnaire : "En neurochirurgie, quelques millimètres peuvent faire la différence entre un patient guéri et des séquelles permanentes."
Vers une chirurgie guidée par laser et robotique
L’équipe de scientifiques imagine déjà l’intégration de ces lasers dans les blocs opératoires du futur, combinés avec l’imagerie avancée et la robotique. "Dans les décennies à venir, ces technologies pourraient transformer la chirurgie et améliorer les résultats pour les patients", prévoit Robert Thomson, responsable du projet baptisé u-Care. Au-delà de la chirurgie des tumeurs cérébrales, ces lasers pourraient également, à terme, contribuer à lutter contre les superbactéries (résistantes aux antibiotiques), en ciblant les tissus infectés avec une infime précision.



