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Innovation

Tumeur cérébrale : bientôt des vers robots à implanter dans le cerveau ?

Des chercheurs chinois ont mis au point des micro-robots capables de se déplacer dans les vaisseaux sanguins pour rejoindre le cerveau des patients et cibler directement les tumeurs, leur évitant ainsi les lourds effets secondaires liés aux traitements classiques. 

Tumeur cérébrale : bientôt des vers robots à implanter dans le cerveau ? Gorodenkoff/iStock

  • Publié le 02.02.2020 à 09h00
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Les tumeurs du cerveau sont des maladies rares qui représentent 2% de l’ensemble des décès par cancers. Chaque année, près de 5000 nouveaux cas sont détectés en France. Les malades sont généralement traités par radiothérapie ou chimiothérapie, des traitements très lourds en effets secondaires. Dans certains cas, la chirurgie est une option mais elle a toutefois une limite, et pas des moindres. En effet, le chirurgien ne peut retirer du tissu sain entourant la tumeur pour éviter d’éventuelles récidives sous peine de séquelles neurologiques irréversibles. Pourtant, les nouveaux travaux de scientifiques chinois pourraient bientôt révolutionner le traitement en la matière. D’après un article paru le 20 janvier dans le South China Morning Post, des chercheurs ont réussi à créer des micro-robots capables de se déplacer dans les vaisseaux sanguins pour rejoindre le cerveau des patients et cibler directement les tumeurs. Les résultats de leur étude sont parus plus tôt ce mois-ci dans la revue Advanced Functional Materials

Ces “vers robots” mesurent 1 à 3 mm et fonctionnent sans batteries puisqu'ils utilisent un système de champs magnétiques externes. Dans le détail, ils disposent d’une une “tête” fabriquée en un aimant composé d'un alliage de néodyme, de fer et de bore et d’une “queue” construite à partir d'un matériau composite spécial. Pour que le vers robot soit activé dans son cerveau, le patient devra se tenir immobile, placé dans une machine IRM pour créer le champ magnétique en question. Une fois dans le corps, le vers pourra apporter les médicaments dans la zone ciblée, évitant les effets secondaires liés aux traitements classiques. Sa mission terminée, il sortira du patient par lui-même.

Si des implants cérébraux existent déjà, la révolution consiste ici dans la façon dont les robots sont introduits dans le patients, car à l’heure actuelle, les implants cérébraux ne peuvent être insérés que par une procédure chirurgicale compliquée. Ils ont donc une capacité d’intégration restreinte avec les neurones et ne peuvent se limiter qu’à quelques tâches basiques.

“Notre objectif n’est pas de développer une arme biologique”

Ici, la capacité de transformation des nouveaux robots chinois leur permettra de survivre dans cet environnement difficile où les flux sanguins sont rapides et les vaisseaux minuscules. Ils pourraient “fonctionner comme un implant pour l'interface cerveau-ordinateur”, explique Xu Tiantian, scientifique principal du projet au Shenzhen Institutes of Advanced Technology. Celle-ci permettrait de communiquer directement avec un ordinateur sans clavier ou écran.

Mais certaines capacités de ces vers robots peuvent toutefois inquiéter. En effet, grâce au rayonnement infrarouge ces machines peuvent s’introduire dans le corps de plusieurs personnes. Qui plus est, le corps du ver constitué d'un hydrogel transparent sensible à la température lui permet de changer changer de couleur dans différents environnements. D’après une vidéo visionnée par par South China Morning Post, quand les chercheurs plongent le ver robot dans une tasse d'eau à température ambiante, il devient quasiment invisible. Ainsi, à terme, l’appareil pourrait également servir à des fins militaires. “Nous espérons simplement que ce jour n'arrivera jamais (…) Notre objectif n’est pas de développer une arme biologique. C’est le contraire”, assure cependant Xu Tiantian au South China Morning Post.

Par ailleurs, pour que quelqu’un puisse introduire le micro-robot dans le cerveau d’une autre personne contre son gré, il devrait construire un puissant générateur de champ électrique avec une longue portée efficace, explique-t-elle. Enfin, il serait aussi très compliqué d’envoyer la machine à un emplacement précis sans la coopération de la personne dans laquelle elle sera implantée. En effet, celle-ci doit rester parfaitement immobile pendant que le robot se déplace dans son corps, rappelle la chercheuse. Difficile donc mais pas impossible…

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