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QUESTION D'ACTU

"Effet Zeigarnik"

Voici pourquoi laisser des tâches inachevées est si perturbant

Des chercheurs américains ont exploré les raisons pour lesquelles les êtres humains tiennent tant à terminer ce qu'ils ont commencé, qu'il s'agisse de petites ou de grandes tâches.

Voici pourquoi laisser des tâches inachevées est si perturbant meral yildirim/iStock




L'ESSENTIEL
  • Lorsque l’on a tendance à mieux se souvenir des tâches inachevées que de celles que l’on a terminées, on parle de l’"effet Zeigarnik".
  • D’après une nouvelle étude, ces événements semblent être privilégiés, "à un niveau profond", en mémoire, car le cerveau est programmé ainsi.
  • Le caractère inachevé de l'activité ne se résume pas à la motivation ou à la satisfaction.

Email à moitié rédigé, linge non plié, vaisselle qui traîne… Ces tâches laissées en suspens occupent les pensées de manière particulièrement persistante, voire sont mieux retenues en mémoire que celles terminées. Ce phénomène est un biais psychologique, appelé l’"effet Zeigarnik". "Mais à quel point cette forme d’inachevé est-elle fondamentale dans notre vie mentale ? L’effet Zeigarnik est souvent expliqué par l’importance accordée aux objectifs ou le poids de l’obligation, mais l’inachevé pourrait-il également être spontanément priorisé, même dans le traitement visuel, indépendamment de ces facteurs socio-motivationnels de haut niveau ?" Ce sont les questions que se sont posés des scientifiques de l'université de Yale (États-Unis).

4 expériences pour comprendre l’"effet Zeigarnik"

Pour y répondre, ils ont réalisé une étude au cours de laquelle quatre expériences ont été menées auprès de 120 personnes. Les adultes ont observé des parcours se déployant progressivement à travers des labyrinthes, d’un point de départ à un point d’arrivée. Des repères apparaissaient brièvement le long du chemin et les volontaires devaient simplement se souvenir de leurs positions. Chaque parcours atteignait son point final ou s'arrêtait peu avant, restant visuellement inachevé. "Bien que cette manipulation fût totalement indépendante de la tâche, elle influençait fortement les performances", ont indiqué les auteurs. Dans toutes les interventions, la mémoire des participants était plus précise lorsqu'ils avaient visualisé des parcours inachevés, même en prenant en compte des facteurs tels que le temps écoulé et la distance parcourue.

L’inachèvement des tâches est privilégié dans l'esprit à un niveau profond

"Il semblerait que le cerveau soit programmé pour mieux remarquer et se souvenir des choses inachevées que des choses terminées", a déclaré Joan Ongchoco, qui a dirigé l’étude. Ces résultats, qui mettent en avant une nouvelle perspective sur la manière dont le cerveau traite et hiérarchise l'information, suggèrent que le caractère inachevé de l'activité ne se résume pas à la motivation ou à la satisfaction. "Il est intrinsèquement lié à la façon dont les personnes perçoivent et mémorisent le monde. (…) La leçon à retenir, c'est que l'inachèvement occupe une place privilégiée dans notre esprit, à un niveau profond, jusque dans notre perception même du monde", a conclu les chercheurs des recherches publiées dans la revue Journal of Experimental Psychology : General.

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