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Hypertension : et si c’était la faute du cerveau ?

Des chercheurs ont découvert que le cerveau pourrait jouer un rôle dans l’hypertension artérielle.

Hypertension : et si c’était la faute du cerveau ? peterschreiber.media/istock




L'ESSENTIEL
  • Selon une nouvelle étude, une zone du tronc cérébral pourrait jouer un rôle dans l'hypertension.
  • Les chercheurs ont découvert que cette zone cérébrale contrôlant la respiration, est aussi connectée avec les nerfs qui agissent sur la contraction des vaisseaux sanguins.
  • Cette découverte pourrait aboutir à de nouveaux traitements contre l'hypertension.

L’âge, l’alimentation, le stress, le tabac, l’obésité, la sédentarité, l’âge, les antécédents familiaux… de nombreux facteurs favorisent l’hypertension. Toutefois, il est très souvent difficile de trouver une cause précise à cette augmentation anormale de la pression artérielle.

Cependant, des chercheurs d’University of Auckland assurent que l’origine de la maladie pourrait se trouver dans notre cerveau, et plus précisément dans la zone appelée "lateral parafacial" par les anglophones. Elle est située dans le tronc cérébral qui contrôle la digestion, la respiration et la fréquence cardiaque.

La zone du tronc cérébral pourrait agir sur les contractions des vaisseaux sanguins

Cette zone du cerveau est connue notamment pour “forcer” l’expiration lorsque nous rions, toussons ou faisons de l’exercice en activant des muscles abdominaux. "Une expiration normale ne nécessite pas la contraction de ces muscles. Elle se produit grâce à l’élasticité des poumons", précise le professeur Julian Paton qui a dirigé l’étude.

En étudiant ce noyau cérébral, le scientifique et son équipe ont remarqué qu’il était aussi connecté avec les nerfs qui resserrent les vaisseaux sanguins, un mécanisme qui augmente la pression artérielle. "Nous avons découvert que, dans des conditions d'hypertension artérielle, la région "lateral parafacial" est activée et, lorsque notre équipe a désactivé cette région, la pression artérielle est tombée à des niveaux normaux", explique l’expert dans un communiqué.

Les chercheurs avancent également que des modifications des schémas respiratoires – en particulier celles impliquant de fortes contractions des muscles abdominaux – pourraient favoriser l’hypertension artérielle. Ainsi, ils estiment que "tout diagnostic de respiration abdominale chez les patients souffrant d'hypertension artérielle peut révéler la cause et donc orienter le traitement approprié".

Bientôt un traitement pour l’hypertension… et l’apnée du sommeil ?

Après cette découverte présente dans la revue Circulation Research, l’équipe s’est demandée s’il était possible de soigner l’hypertension en traitant directement la région du tronc cérébral concerné. Dans un premier temps, cela lui a semblé être un projet impossible. "Cibler le cerveau avec des médicaments est délicat, car ils agissent sur l'ensemble du cerveau, et non sur une région sélectionnée comme le noyau parafacial", explique le Pr Paton.

Toutefois, les chercheurs ont ensuite remarqué que cette zone pouvait être activée par des signaux provenant de l'extérieur du cerveau, plus précisément du corpuscule carotidien. Il s’agit de minuscules amas de cellules situés dans le cou, près de l'artère carotide, qui détectent les niveaux d'oxygène dans le sang. Cette partie du corps peut être ciblée par des médicaments beaucoup plus facilement qu’une zone cérébrale précise.

"Notre objectif est de cibler les corps carotidiens, et nous importons un nouveau médicament que nous réutilisons pour inhiber l'activité du corpuscule carotidien et inactiver « à distance » la région "lateral parafacial" en toute sécurité. C'est-à-dire sans avoir besoin d'utiliser un médicament qui pénètre dans le cerveau", indique le spécialiste.

Selon les chercheurs, en plus de traiter l'hypertension artérielle, les médicaments mis au point après cette découverte pourraient aussi aider à soigner l’apnée du sommeil, car le corpuscule carotidien des personnes touchées par cette maladie est activé lors des pauses respiratoires nocturnes.

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