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QUESTION D'ACTU

Avis de l'Académie de médecine sur le Sativex

Cannabis thérapeutique: la mise en garde de l'Académie de médecine

Médicament dérivé du cannabis, le Sativex arrivera en France en 2015 pour soulager certains malades. L'Académie de médecine pointe les risques liés au THC.

Cannabis thérapeutique: la mise en garde de l'Académie de médecine Karl Schoendorfer / Rex/REX/SIPA

  • Publié 14.01.2014 à 16h20
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Le 8 janvier dernier, l'Agence de sécurité du médicament (ANSM) autorisait la mise sur le marché du Sativex en France. Ce médicament à base de cannabis est destiné aux patients souffrant de sclérose en plaques, « pour soulager les contractures sévères (spasticité), résistantes aux autres traitements ».
Prévu dans les pharmacies françaises pour 2015, seuls les neurologues et rééducateurs hospitaliers pourront le prescrire, a précisé le ministère. Le reonuvellement pourra se faires auprès des médecins libéraux.

Mais cette arrivée du cannabis thérapeutique dans les officines ne se fait pas sans polémiques. Dans un communiqué de presse publié ce mardi, l’Académie de médecine rappelle qu’en l’état des connaissances relatives au cannabis et à ses constituants, « aucun progrès significatif dans le domaine de leurs intérêts thérapeutiques allégués n’est apparu récemment, alors que les connaissances de leurs effets adverses se sont précisées et multipliées. » 
La position de l'Académie est claire et sans ambiguïté : « l’évolution de la législation en faveur de leur inscription comme agents thérapeutiques ne semble pas justifiée pour des raisons pharmaco-thérapeutiques. »

Le THC : générateur d'une dépendance psychique et physique
L'institution insiste sur le fait que le décret adopté le 5 juin dernier, ouvrant la possibilité d'une commercialisation en France de médicaments dérivés du cannabis, ne fait aucune distinction entre les très nombreux cannabinoïdes que recèlent, en  proportions très différentes, les diverses variétés de cannabis.
A ce titre, elle rappelle que les médicaments modernes évitent justement les extraits de plantes leur préférant bien souvent le tétrahydrocannabinol (THC). Contenu dans le Sativex, « il s’agit pourtant d’un agent toxicomanogène, générateur d’une dépendance psychique et physique », rappelle l'Académie.


Des interactions médicamenteuses nombreuses et gênantes

Par ailleurs, ces médecins indiquent que le THC potentialise les effets de l’alcool, des benzodiazépines et d’autres sédatifs et/ou hypnotiques. Pour toutes ces raisons, « il est incompatible avec la conduite automobile, qu’il soit administré isolément ou plus encore en association aux agents précédents. »


Des effets indésirables graves
En outre, autre argument développé par l'Académie de médecine contre la commercialisation du Sativex, « celui des relations du THC avec le développement de troubles anxieux et dépressifs, lors d’un usage semi-chronique et plus encore chronique. » Pour l'institution, ces effets indésirables graves pouvant conduire à des situations à risque sont désormais établis et mieux compris.
Ainsi, selon ces médecins, « son usage chronique aboutit à une diminution marquée des capacités intellectuelles. »
De plus, d'autres effets indésirables, dont la responsabilité peut-être attribuée au THC, sont encore rapportés par l'institution. Parmi eux, le développement d’un type agressif de cancers du testicule, la diminution de la testostéronémie qui perturbe la libido, ses effets immunodépresseurs et  cardio-vasculaires, et son implication dans la gestation, avec des risques d’anomalies pour l’enfant à naître.


Des risques de détournement importants 
Enfin, l’Académie met en garde contre les risques de détournement d’usage du Sativex. « Si le cannabis en spray ne devrait pas intéresser les fumeurs de joints, on peut craindre la multiplication de prescriptions hors AMM à divers usages comme sevrer les toxicomanes,  atténuer les nausées des malades traités par  chimiothérapie, rendre l’appétit aux malades atteints de SIDA. »
Ces craintes reposent sur le fait que toutes ces indications largement plébiscitées dans l’opinion publique, « ne sont pas étayées par des études cliniques indiscutables », conclut-elle.






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