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Risque de cancer

Rayons X : les cardiologues abusent des radios et scanners

30 à 50% des radios et scanners prescrits pourraient être évités pour réduire au strict minimum l’exposition des patients aux rayons ionisants.  

Rayons X : les cardiologues abusent des radios et scanners SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 09.01.2014 à 15h40
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« La cardiologie est responsable de 40% de l’exposition médicale aux rayons, soit plus de 50 radios du thorax par personne et par an. Il faut que toute la communauté cardiologique soit proactive pour minimiser cette flambée radiologie-friendly ! », alerte le spécialiste italien Eugenio Picano. Avec ses confrères spécialistes de l’imagerie au sein de la société européenne de cardiologie (ESC), il lance aujourd’hui dans la revue European Heart Journal un appel à la modération dans l’utilisation des techniques radiologiques.


La coronarographie, une dose de rayons équivalent à 750 radios
Qu’il s’agisse de dépister, de diagnostiquer, de surveiller ou d’opérer, l’imagerie a véritablement transformé la cardiologie moderne. La coronarographie permet par exemple au médecin de visualiser les artères coronaires sous simple anesthésie locale et en cas de problème, de les dilater en y introduisant un petit ballonnet voire d’y poser un petit ressort écarteur (un stent). On appelle cette technique l’angioplastie percutanée et il s’en pratique plus d’un million par an en Europe. Or elle impose que le patient reste entre 30 minutes et 2 heures sous le faisceau de l’appareil de radioscopie, il est donc exposé à une dose de rayons équivalentes à celle de 750 radios thoraciques.


Scanner et risque de cancer
Pour les cardiologues de l’ESC, il n’est absolument pas question de remettre en cause ces techniques qui sauvent des vies tous les jours mais de rappeler à leurs confrères que ces avancées médicales augmentent aussi le risque de cancers. Chez un homme de 50 ans, les auteurs estiment un scanner thoracique ajoute un risque additionnel de cancer de 1 sur 1000 et une angioplastie percutanée un risque de 1 sur 100. Les enfants sont les plus vulnérables puisque leurs cellules se divisent plus rapidement et que leur espérance de vie après les examens d’imagerie laisse de nombreuses années aux tumeurs pour se développer. Les femmes sont également plus concernées que les hommes (+38%), notamment du fait de la forte radiosensibilité des tissus du sein. Mais les poumons, l’estomac, la moelle épinière et le colon figurent aussi parmi ces tissus hautement sensibles aux rayons.


La société européenne de cardiologie appelle donc ses membres à faire la chasse aux expositions inutiles aux rayons X. « Même dans les meilleurs centres et même si le salaire des médecins n’est pas relié au nombre d’examens qu’ils réalisent, 30 à 50% de l’imagerie est totalement ou partiellement inappropriée au regard des recommandations », souligne le Dr Picano. Pour ces spécialistes, s’attaquer à ces 50% d’utilisations coûteuses et risquées de l’imagerie devrait être une priorité des médecins mais aussi des politiques, des industriels et des patients, trop souvent demandeurs d’un examen « pour être sûr ».


Informer le patient de la dose rayons X

De plus, même lorsque ces examens sont appropriés, la dose n’est pas optimisée, avec des valeurs 2 à 10 fois supérieures à la dose de référence attendue. Les cardiologues de l’ESC recommandent donc que le patient soit informé, avant l’examen, de la dose de rayons X qu’il est susceptible de recevoir et qu’il lui soit remis, après, un document écrit mentionnant la dose effectivement délivrée par l’appareil. Ce qui figure normalement déjà dans la directive européenne Euratom, en vigueur dans le droit français depuis 2000.

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