ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Parkinson : cette mutation génétique protège de la maladie

Futurs traitements

Parkinson : cette mutation génétique protège de la maladie

Par Mégane Fleury

Une mutation génétique récemment découverte offre l’espoir de nouveaux traitements contre la maladie de Parkinson, car les personnes qui en sont porteuses ont deux fois moins de risques de développer la pathologie. 

peterschreiber.media/ISTOCK
Une mutation génétique sur une microprotéine mitochondriale offre une protection contre la maladie de Parkinson.
Les personnes porteuses ont deux fois moins de risque de développer la maladie.
Sa découverte ouvre la voie à de futurs traitements contre la pathologie et d'autres maladies liées au vieillissement.

La recherche sur la maladie de Parkinson progresse. Selon une nouvelle étude parue le 2 janvier dans Molecular Psychiatry, une mutation génétique présente dans une microprotéine mitochondriale pourrait devenir une clé dans la mise au point de nouveaux traitements. Les auteurs de ces travaux, des scientifiques de l’USC Leonard Davis School of Gerontology, à Los Angeles, ont constaté qu’elle offre une protection contre la maladie. 

Maladie de Parkinson : une variante génétique découverte en 2016

L’équipe a découvert cette microprotéine mitochondriale, appelée SHLP2, en 2016. Des recherches ont montré qu’elle est associée à la protection contre les maladies liées au vieillissement, notamment le cancer, et que ses niveaux changent chez les patients atteints de la maladie de Parkinson. Ils augmentent lorsque l’organisme agit pour contrecarrer les effets de la maladie, puis finissent par stagner.  

Dans ces récents travaux, l’auteur principal de l’étude, Su-Jeong Kim, professeur adjoint de recherche en gérontologie à l'USC Leonard Davis School, a dirigé une série d’expériences sur cette microprotéine. Avec son équipe, ils ont recherché la mutation génétique chez des milliers d’individus dans des banques de données. En comparant les variantes génétiques de l'ADN mitochondrial chez les patients atteints de la maladie de Parkinson et chez les témoins, les chercheurs ont découvert cette variante hautement protectrice chez 1 % des Européens, et elle divisait par deux le risque de maladie de Parkinson. 

Maladie de Parkinson : quels sont les effets de cette mutation génétique ?

Dans un second temps, ils ont démontré que cette variante naturelle entraîne une modification de la séquence d’acides aminés et de la structure protéique de SHLP2 : concrètement, la mutation est associée à une expression plus élevée de SHLP2 et rend également la microprotéine plus stable. Cette stabilité accrue signifie qu’il y a une réduction du dysfonctionnement mitochondrial. "Les avantages de la forme mutante de SHLP2 ont été observés à la fois dans des expériences in vitro sur des échantillons de tissus humains ainsi que dans des modèles murins de la maladie de Parkinson", affirment les auteurs. Dans leurs essais, ils ont constaté que la mutation se lie au complexe mitochondrial. "Cette enzyme est essentielle à la vie et le déclin de sa fonction a été lié non seulement à la maladie de Parkinson, mais aussi aux accidents vasculaires cérébraux et aux crises cardiaques", indiquent-ils. 

De futurs traitements contre la maladie de Parkinson et d’autres pathologies liées au vieillissement ? 

Pour les chercheurs américains, cette mutation génétique offre de nouvelles perspectives pour la recherche scientifique. "Cette étude fait progresser notre compréhension des raisons pour lesquelles les gens pourraient contracter la maladie de Parkinson et comment nous pourrions développer de nouveaux traitements pour cette maladie dévastatrice, conclut Pinchas Cohen, professeur de gérontologie, de médecine et de sciences biologiques et co-auteur de l'étude. (...) Cela souligne la pertinence d’explorer les microprotéines dérivées des mitochondries comme nouvelle approche de la prévention et du traitement des maladies liées au vieillissement." Pour l’heure, aucun traitement ne permet de ralentir l’évolution de la maladie de Parkinson.