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Opération chirurgicale

Chirurgie : l’exposition aux conditions de haute altitude réduit les complications

Par Diane Cacciarella

Simuler les conditions de haute altitude avant une opération chirurgicale pourrait améliorer les performances physiques des patients âgés présentant un important risque de complications, selon une nouvelle étude.

Solovyova/iStock
La pression de l’air est plus faible en haute altitude et notre organisme produit donc plus d’hémoglobine.
L’hémoglobine est une protéine chargée de transporter l’oxygène dans le corps.
Des chercheurs ont découvert que les patients âgés et en mauvaise condition physique pourraient bénéficier d’une simulation de la haute altitude avant une opération.

À partir de 2.000 à 2.500 mètres d’altitude, la pression de l'air et plus faible. Notre organisme enregistre alors une baisse de la pression partielle d’oxygène, ce qui augmente le taux d’hémoglobine, une protéine qui transporte l’oxygène dans le corps et les globules rouges dans le sang. Les sportifs de haut niveau pratiquent régulièrement du sport en altitude pour améliorer leurs performances et leur endurance lors des compétitions. Il pourrait être bon de faire de même avant une opération, si on en croit l'étude publiée dans la revue Anaesthesia.

Haute altitude : un meilleur taux d’hémoglobine chez les patients âgés

Dans cette recherche, les scientifiques de différentes universités se sont demandés, en effet, si les conditions de la haute altitude avant une opération chirurgicale pouvaient améliorer les performances physiques des patients présentant un risque élevé de complications. 

Pour répondre à leurs interrogations, huit participants âgés de 64 ans en moyenne ont été exposés à des niveaux d'oxygène réduits simulant la haute altitude, ce que les auteurs nomment “préadaptation à l’altitude”. L’expérience a duré deux semaines. Pendant les sept premiers jours, ils respiraient de l'air normal puis, la semaine suivante, les niveaux d’oxygène étaient réduits. Au début et à la fin de chaque semaine, les volontaires ont subi des tests d’effort cardiopulmonaire. 

Résultats : simuler la haute altitude augmentait le taux d’hémoglobine des participants, ce que les auteurs jugent bénéfique avant une opération chirurgicale. En revanche, cela n’avait pas d’impact sur la capacité d’aérobie, c’est-à-dire la capacité des poumons, du cœur et de l’appareil circulatoire à acheminer efficacement l’oxygène aux muscles sollicités pendant l’effort

Vers des tentes hypoxiques avant une opération chirurgicale ?

Nous savons que les athlètes utilisent des [tentes] hypoxiques pour simuler une exposition à l'altitude et que [les bénéfices] sur les performances sont visibles jusqu’à deux ou trois semaines, même chez les personnes très bonne en forme, indique Thomas Smith, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. Nous souhaitions savoir si cette approche pourrait également, avant une importante intervention chirurgicale, bénéficier aux patients plus âgés qui, en raison de leur mode de vie sédentaire et de leur faible condition physique, sont plus à risque de mauvais résultats postopératoires.

Les travaux montrent que simuler les conditions de la haute altitude pourrait être bénéfique pour ces patients en mauvaise condition physique. À l’avenir, des dispositifs tels que des tentes hypoxiques pourraient être envisagées pour ces patients lorsqu’ils doivent subir une intervention chirurgicale. Néanmoins, les auteurs préviennent que “d'autres études sont nécessaires” avant que cela ne soit utilisé comme une méthode de préparation aux opérations.

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