ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Beyfortus : tout savoir sur la campagne d'immunisation des nourrissons

Prévention

Beyfortus : tout savoir sur la campagne d'immunisation des nourrissons

Par Diane Cacciarella

Le nouveau traitement préventif contre la bronchiolite est disponible à partir de ce vendredi 15 septembre pour les nourrissons nés après le 6 février 2023. 

smrm1977/iStock
Tous les nourrissons nés après le 6 février 2023 vont pouvoir recevoir un traitement préventif contre le virus de la bronchiolite.
Ce traitement, appelé Beyfortus, doit être administré aux nourrissons lors de leur première saison de circulation du virus de la bronchiolite.
Chaque année, 30 % des nourrissons de moins de 2 ans sont atteints par la bronchiolite.

Pour la première fois, le Beyfortus est disponible en France. Il s’agit d’un traitement préventif contre le principal virus responsable de la bronchiolite, le Virus Respiratoire Syncitial (VRS). Le sérum, administré en une seule injection dans le muscle de la cuisse, est destiné aux nourrissons nés après le 6 février 2023. 

Un traitement préventif contre la bronchiolite

La substance active de ce traitement est le nirsévimab, un anticorps monoclonal. Celui-ci  “se lie à une protéine appelée “protéine F” à la surface du VRS, indique l’Agence européenne des médicaments (EMA). Lorsque le nirsévimab est lié à cette protéine, le virus devient incapable de pénétrer dans les cellules de l’organisme, en particulier celles des poumons. Cela contribue à prévenir l’infection par le VRS.

Le Beyfortus est le premier traitement préventif contre la bronchiolite autorisé à tous les nourrissons, et pas seulement ceux à risque comme c’était le cas avec l’autre traitement qui existait, le Synagis. D’après la Haute Autorité de Santé (HAS),  “la durée de protection conférée par le nirsévimab (Beyfortus®) est d’au moins 5 mois” et il peut être administré aux “nouveau-nés et nourrissons au cours de leur première saison de circulation du VRS”. 

Pour cette année, seuls les nourrissons nés après le 6 février 2023 vont en bénéficier s’ils sont “considérés comme non exposés au VRS lors de la saison épidémique précédente”. Enfin, le Beyfortus doit être administré avant le début de l’épidémie.

La bronchiolite, une maladie à risque pour les nourrissons 

La bronchiolite sévit sous forme d’épidémies en automne dès le mois d'octobre et en hiver, peut-on lire sur le site de l’Assurance Maladie. Elle atteint fréquemment les nourrissons de 2 à 8 mois. Chaque année en France, 30 % des nourrissons de moins de 2 ans sont atteints.” Les symptômes sont une gêne respiratoire - respiration rapide et sifflante - et de la toux. 

En général, la bronchiolite est une maladie bénigne. Cependant, en période épidémique, il s’agit de la 1ère cause d’hospitalisation et de passage aux urgences pédiatriques. Certains nourrissons sont d’ailleurs plus à risque de forme grave : ceux de moins de deux mois, nés prématurément, ayant une fragilité des poumons, atteints d'une maladie cardiaque ou d'un déficit immunitaire, exposés au tabagisme passif, etc. 

Cette saison (2022-2023), l’épidémie s’est caractérisée par une très forte intensité, près de deux fois supérieure aux valeurs moyennes des épidémies de référence”, note Santé Publique France. Il y a eu 73.262 passages aux urgences pour bronchiolite et 26.104 hospitalisations après passage aux urgences pour bronchiolite.

Ce nouveau traitement préventif est donc une “une avancée majeure”, d’après le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau.