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Corpuscules de Krause

Sexualité : les neurones du plaisir identifiés

Par Diane Cacciarella

Les corpuscules de Krause du pénis et du clitoris ont des neurones qui sont impliqués dans le désir sexuel et réagissent aux vibrations. 

dima_sidelnikov/iStock
Des chercheurs ont, pour la première fois, décrit plus précisément le rôle des neurones sensoriels des corpuscules de Krause situés dans le clitoris et le pénis.
Ces derniers sont impliqués dans le désir sexuel.
Ils seraient particulièrement sensibles aux microvibrations.

C’est la première fois que des scientifiques découvrent le rôle des neurones sensoriels des corpuscules de Krause situés dans le clitoris et le pénis. Leurs travaux sont publiés sur le site bioRxiv. Dans leur étude, les chercheurs rappellent que les corpuscules de Krause sont de petites structures sensorielles présentes dans la muqueuse buccale. Ils joueraient un rôle dans la perception du froid et de la pression, mais aussi dans les organes génitaux, pour lesquels leur rôle est moins documenté. 

Corpuscules de Krauseau : une densité élevée au niveau du clitoris, du gland et du prépuce interne

Dans ces travaux, les scientifiques ont donc voulu en savoir plus sur les corpuscules de Krause au niveau génital. Pour cela, ils ont mené des expériences sur des souris. La première étape a été de voir où ils étaient présents. Chez les femelles, ils ont observé qu’il n’y en avait pas au niveau du tissu vaginal mais que la densité des corpuscules de Krause étaient très élevée au niveau du clitoris. Pour les mâles, c’était au niveau du gland et du prépuce interne. Pour les deux sexes, la quantité était quasiment la même, mais la densité était quinze fois plus élevée dans le clitoris, étant donné sa plus petite taille.

Les neurones des corpuscules de Krause influencent le désir sexuel

Les corpuscules de Krause ont des neurones. Les chercheurs ont donc voulu les stimuler avec des vibrations et ils ont découvert qu’ils y étaient très sensibles. D’après eux, les neurones des corpuscules de Krause auraient un lien avec le désir sexuel. Pour le prouver, ils ont utilisé une technique de stimulation appelée "optogénique" chez les souris mâles. Celle-ci "consiste à introduire dans une cellule un gène qui code pour une protéine photosensible, laquelle va s’activer lorsqu’on l’éclaire avec une lumière spécifique”, selon l'Inserm. Autrement dit, les neurones des corpuscules de Krause ont été génétiquement modifiés pour réagir non plus aux stimulis sexuels mais à la lumière. Résultat : à la lumière, les souris mâles ont tous eu une érection. 

Les femelles n’ayant pas un signe de désir sexuel visible, les scientifiques ont décidé de réaliser une ablation génétique des corpuscules de Krause. Si elles avaient moins de désir sexuel, cela signifiait que ces structures étaient à l’origine de la stimulation sexuelle. Et c’est ce que les chercheurs ont observé : quand les mâles les sollicitaient, les femelles étaient moins réceptives et réduisaient le temps des rapports sexuels. Chez les mâles, ceux qui avaient eu une ablation génétique des corpuscules de Krause mettaient plus de temps à avoir une érection, à éjaculer et réduisaient aussi la durée des rapports sexuels. 

Enfin, dernière observation : les neurones des corpuscules de Krause seraient particulièrement stimulés par les microvibrations ce qui explique, selon les chercheurs, que les vibromasseurs soient efficaces et appréciés. En 2019, selon un sondage Ifop, près d’une Française sur deux (43 %) avait déjà utilisé un vibromasseur.