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Gynécologie

Herpès génital : la MST la plus fréquente au monde

Par Margot Montpezat

L’herpès génital, l’infection sexuellement transmissible la plus répandue dans le monde selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), peut avoir de graves conséquences pour la femme enceinte et le nouveau-né.

Doucefleur/iStock
L’herpès génital, consécutif dans 80 % des cas au virus herpès simplex de type 2 (HSV-2) se transmet lors d’un contact sexuel, d’où l’importance des moyens de protection lors des relations sexuelles..
En France, cette MST touche 20 % de la population sexuellement active, notamment les personnes de 25 à 35 ans, d’après l’Assurance Maladie.

Près de 500 millions de personnes dans le monde vivent avec le virus Herpes simplex de type 2 (HSV-2), provoquant l'herpès génital, d’après les dernières estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

L'infection au virus de l'herpès ne peut pas être guérie

Cette maladie sexuellement transmissible (MST) est souvent asymptomatique mais peut engendrer des lésions vésiculaires chez l’homme et une inflammation de la vulve chez la femme. 

"Les lésions disparaissent en une à deux semaines, sans laisser de cicatrices mais la contagiosité persiste jusqu’à cicatrisation des lésions. Le virus ne disparaît jamais, et il peut être responsable de poussées, lors d’épisodes fébriles, de stress, pendant les règles ou en cas de rapports sexuels répétés", indique le docteur Brigitte Milpied dans le Parisien.

Ces poussées, plus ou moins discrètes, se traduisent par des vésicules "en bouquet", douloureuses, évoluant vers de petites érosions polycycliques, souvent au même endroit. Elles sont une source importante de dissémination du virus et de transmission, c’est pourquoi les médecins recommandent d’éviter les relations sexuelles lors des poussées.

L’herpès ne peut pas être guéri, rappelle l'OMS. En effet, des médicaments antiviraux, comme l’acyclovir, le famciclovir et le valacyclovir, aident à réduire la gravité et la fréquence des symptômes mais ne peuvent pas guérir l’infection.

De plus, la présence de lésions favorise la transmission du virus du sida et d’autres maladies sexuellement transmissibles : "Les personnes infectées par le HSV-2 présentent un risque trois fois supérieur de contracter l’infection à VIH, si elles sont exposées au virus", indique l'OMS.

L'herpès génital entraîne des risques pour l'enfant à naître

Le risque le plus important de l’herpès génital est la transmission du virus de la maman à son bébé lors de l’accouchement. En effet, "la transmission à l’enfant se produit dans 85 % des cas, lors de son passage à travers les voies génitales maternelles en cas d’excrétion virale, au moment de l’accouchement", explique le docteur Brigitte Milpied dans le Parisien.

Or les conséquences pour le nourrisson peuvent être graves : "L'herpès néonatal est de gravité variable suivant les cas, mais il peut mettre en danger la vie du bébé s’il n’est pas traité. Il associe des lésions sur la peau et les muqueuses (vésicules, cloques, plaies), de la fièvre, une atteinte des yeux (conjonctivite, kératite, etc.), du système nerveux ou d’autres organes", peut-on lire sur le site de l’Assurance maladie.

Ainsi, des précautions sont prises lors de l’accouchement pour éviter le contact du bébé avec les lésions herpétiques maternelles. Si des lésions sont visibles, une césarienne peut être décidée.

D’après le Dr Milpied, 5 % des femmes enceintes ont des antécédents d’herpès génital récurrent et parmi le large panel de maladie sexuellement transmissible (MST), c’est l’herpès génital qui est prédominant. C'est pourquoi dans son dernier rapport, l'OMS souligne le besoin d’améliorer la prise de conscience à l’égard de la maladie et de renforcer les services de prévention et de traitement.