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Mort subite de l'adulte

Donocœur : agir pour réduire le nombre d'arrêts cardiaques

Par Bruno Martrette

A l'occasion du « Donocoeur 2013 », les cardiologues rappellent que l’arrêt cardiaque tue 40 000 adultes tous les ans en France. Les jeunes figurent parmi les premières victimes.

Fédération Française de Cardiologie
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« De battre son coeur peut s'arrêter. » Ce coeur en danger, c'est celui de Louise, une petite fille atteinte d'une maladie cardiovasculaire choisie pour illuster la nouvelle campagne grand public de la Fédération Française de Cardiologie (FFC). Cette dernière lance en effet, ce samedi et jusqu'à dimanche, sa 5ème édition « Donocœur 2013 ». Ce rendez-vous annuel d’informations et d’appel aux dons permet d’alerter une fois de plus la population sur la fréquence et la gravité des maladies cardiovasculaires (MVC). Avec 400 morts par jour, ces pathologies restent la première cause de mortalité chez la femme, et la deuxième cause chez l’homme juste après le cancer. 

Une nouvelle population touchée par les MCV 
La Fédération profite tout d'abord de cet évènement pour alerter sur la mort subite qui « ne concerne pas que les nourrissons », précise-t-elle. En France, l’arrêt cardiaque tue 40 000 adultes tous les ans, dont beaucoup de jeunes. Mais ces derniers, et parmi eux les sportifs, ne se sentent pas assez concernés par la maladie cardiovasculaire.
« Ils négligent trop souvent les signes d’alerte tels que les palpitations, les douleurs, les malaises à l’effort... » regrette ainsi le Pr Le Feuvre, président de la FFC. Il y aurait pourtant urgence à s'occuper de ce réel problème car seules 3 à 4% des victimes d’arrêt cardiaque sont sauvées. Face à ce chiffre terrible, l’Europe s'est d'ailleurs récemment mobilisée pour sensibiliser enfants et adultes aux gestes de premiers secours lors d'un accident cardiaque.  

Les jeunes atteints de cardiopathie congénitale, une filière de soin fragile
Par ailleurs, la Fédération rappelle que les malformations congénitales ne sont pas si anodines. Les plus fréquentes concernent il est vrai près d’un nouveau-né sur 100, soit environ 6 000 à 8 000 nouveau-nés par an en France. Grâce aux progrès de la Médecine, la plupart de ces malades atteignent maintenant l’âge adulte. Cette population toujours croissante est estimée en France à 150 000 adultes cardiaques congénitaux, dont la moitié environ nécessite un suivi régulier. 
« Or, la filière de soins pour ces patients cardiaques congénitaux est particulièrement fragile et mal définie », souligne la Fédération. Elle se situe entre les spécialités pédiatriques et d’adultes, les structures dédiées aux maladies rares et celles qui prennent en charge la masse des patients cardiaques. De ce fait, en France, une proportion significative de ces patients, proche de 50 %, ne bénéficie pas d’un suivi cardiologique spécifique. « La détection des patients à risque est particulièrement importante chez les femmes en âge de procréer car certaines cardiopathies s’accompagnent d’une mortalité maternelle élevée en cas de grossesse » alerte le Pr Guy Vaksmann, spécialiste de la cardiologie pédiatrique. 

Les seniors et les plus âgés, de nouvelles cibles
Les babyboomers nés entre 1945 et 1964 sont les meilleures cibles pour les maladies cardiovasculaires, s'inquiètent les cardiologues de la Fédération. Active plus longtemps, cette population est confrontée aux situations de stress, à la fatigue et aux premiers soucis de santé avec lesquels elle est appelée à cohabiter sur le long terme. Plus de 2,2 millions de malades sont traités en affection longue durée pour une maladie cardiovasculaire en France. « Ce nombre ne fera qu’augmenter dans les prochaines années » prévient déjà le Pr Claude Le Feuvre.
Face à ce constat et en attendant la mise en place d'un véritable Plan Cœur sollicité depuis longtemps par tous ces acteurs, la Fédération Française de Cardiologie recommande pour protéger les personnes encore « en bonne santé » des maladies cardiaques de mettre en pratique son message de prévention facile à appliquer : « 0 tabac, 5 fruits et légumes, 30 minutes d’activité physique et le minimum de stress par jour », conclut-elle.