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Agence européenne de l'environnement

Pollution : 9 Européens sur 10 exposés à des niveaux dangereux

Par Bruno Martrette

Les véhicules et l’industrie contribuent à la pollution de l’air. Un rapport montre que ce problème est loin d’être résolu en Europe. Il met pourtant la santé des Européens en danger.

PAPIX/SIPA
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La pollution athmosphérique sur le Vieux Continent inquiète toujours les experts ! Selon la dernière étude de la qualité de l’air en Europe, publiée ce mardi par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE)  environ 90 % des citadins de l’UE  restent exposés à l’un des polluants atmosphériques les plus nocifs et à des niveaux jugés dangereux pour la santé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les zones rurales également polluées...
Dans ce rapport, les scientifiques de l'AEE estiment que le problème de la pollution de l’air en Europe est loin d’être résolu. « Deux polluants particuliers, les particules fines et l’ozone au niveau du sol, continuent, en effet, d’entraîner des problèmes respiratoires, des maladies cardiovasculaires et des décès précoces », estiment-ils
Ainsi, entre 2009 et 2011, jusqu’à 96 % des citadins ont été exposés à des niveaux de concentration en particules fines (PM2.5) supérieurs aux seuils définis par l’OMS, et jusqu’à 98 % ont été exposés à des niveaux d’ozone (O3) supérieurs aux niveaux indiqués par l’organisation.
Le rapport révèle également que « la pollution excessive n’est pas l’apanage des villes, certaines zones rurales présentant aussi des niveaux élevés. » 

... malgré des succès dans la réduction des émissions de polluants

Cette étude mentionne cependant que des résultats positifs dans la lutte contre la pollution ont été enregistrés récemment. Les émissions de dioxyde de soufre des centrales électriques, de l’industrie et des transports ont ainsi été réduites au cours des dix dernières années, soulignent les chercheurs. La suppression de l’essence au plomb a également contribué à réduire la concentration atmosphérique de plomb, lequel affecte le développement neurologique.
Par ailleurs, les émissions de certains polluants contenant de l’azote ont été réduites. Par exemple celles d’oxydes d’azote et d’ammoniac ont diminué respectivement de 27 % et 7 % depuis 2002. Toutefois, cette réduction n’a pas atteint les niveaux anticipés et huit États membres de l’UE enfreignent encore les seuils légaux, un an après le délai de mise en conformité.


L'AEE appelle l'Europe à agir encore davantage

En réaction à ce rapport, Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE, confie : « La pollution de l’air est nocive pour la santé de l’homme et pour les écosystèmes. Selon les normes actuelles, une grande partie de la population ne vit pas dans un environnement sain. Pour s’engager sur la voie de la durabilité, l’Europe devra se montrer ambitieuse et aller plus loin que la législation en cours. »
Et ce message, Janez Potočnik, commissaire européen à l’Environnement, semble y avoir été sensible. Il a en effet déclaré être « prêt à répondre à ces préoccupations au travers de la révision prochaine de la politique de qualité de l’air par la Commission. »

Une facture d'1,7 milliard pour le système de santé français
D'après une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD) publiée il y a quelques jours, la pollution de l’air est à l’origine de maladies de l’appareil respiratoire qui entraînent des dépenses de santé prises en charge par la Sécurité sociale. Toutes ces dépenses (consultations, soins, médicaments, hospitalisations, indemnités journalières) représenteraient un total de dépenses situé entre 0,8 et 1,7 milliard d’euros par an. « Une estimation minimale », selon le ministère de l'Ecologie. Car à ce niveau déjà élevé de coût, il faudrait ajouter d’autres dépenses que les experts du CGDD n’ont pas pu chiffer : transport sanitaire, consultations et examens en médecine de ville...