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Transpiration

Qu’est-ce que le syndrome de l’odeur du poisson ?

Par Mégane Fleury

Cette pathologie, d'origine génétique dans la plupart des cas, est responsable de mauvaises odeurs présentes dans les urines et la transpiration. 

AntonioGuillem/istock
Le diagnostic est généralement effectué à partir d’une analyse des échantillons urinaires.
L'isolement et la dépression sont fréquents chez les personnes atteintes.

Les mauvaises odeurs corporelles sont normales, notamment après une activité physique intense, mais pour certaines personnes, elles deviennent invivables : celles atteintes du syndrome de l’odeur de poisson. Ce trouble métabolique donne une forte odeur de poisson à la sueur, l’urine et à l’haleine des personnes atteintes. Outre son aspect désagréable, le syndrome a des conséquences psychologiques et sociales importantes, et conduit généralement à l’isolement. D’autant que la maladie peut être difficile à identifier. "Une patiente de 45 ans était adressée pour l’exploration d’une transpiration décrite comme "pestilentielle" à type d’odeur de "poisson pourri" après l’ingestion de certains aliments, handicapant sa vie sociale depuis plus de 20 ans", relatent les auteurs d’une étude parue dans La Revue de Médecine Interne en 2018. 

Un syndrome lié à la triméthylamine

Selon eux, le fish odor syndrom est rare et lié à une triméthylaminurie. Cette pathologie est la conséquence d’une déficience en flavine mono-oxygénase 3 (FMO3). L’activité de cet enzyme est insuffisante et le corps n’arrive plus à métaboliser la triméthylamine mal odorante (TMA) d'origine alimentaire en oxyde de triméthylamine sans odeur (TMAO). "La triméthylamine s'accumule alors dans l'organisme et est finalement éliminée par la sueur, l'urine et l'expiration, avec une forte odeur de poisson", précise le Pôle de biologie pathologie génétique du CHU de Lille. Chez certaines personnes, cette mauvaise odeur est persistante, quand chez d’autres, elle est présente par phase. Le stress, les règles, l’alimentation peuvent aggraver le syndrome. 

Des causes génétiques

Dans la plupart des cas, la déficience de FMO3 vient d’un problème génétique lié au gène du même nom. Selon le National Health Service, le système de santé britannique, les personnes atteintes ont deux copies du gène défectueux. "Les parents eux-mêmes peuvent n'avoir qu'une seule copie du gène défectueux", indique-t-il. La pathologie sera transmise uniquement si les deux parents sont tous les deux porteurs d’une ou deux copies du gène défectueux ; ce qui signifie qu'une personne atteinte ne transmettra la maladie que si son partenaire est porteur. 

Quels sont les traitements ? 

Pour l’heure, il n’existe pas de traitement dédié. Des antibiotiques peuvent être prescrits pour décontaminer le système digestif, mais la principale mesure est alimentaire. Les aliments riches en triméthylamine doivent être proscrits : lait de vache, fruits de mer, œufs, cacahuètes, etc. En parallèle, les professionnels de santé recommandent de limiter l’exercice physique intense, et d’éviter le stress. "Lavez votre peau avec un savon ou un shampoing légèrement acide, avec un pH de 5,5 à 6,5", conseille le NHS. Un lavage fréquent des vêtements et l’utilisation d’un déodorant anti-transpirant peuvent également aider à réduire les mauvaises odeurs.