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Prématurité

Très grands prématurés : la survie de ces nourrissons s’améliore !

Par Geneviève Andrianaly

Grâce à une meilleure pratique des soins, le taux de survie des bébés nés avant le 6ème mois de grossesse a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie.

Ondrooo/iStock
Lorsque les nourrissons naissent à la 22ème ou la 23ème semaine, presque tous les organes sont immatures. Les poumons et le cerveau font partie des systèmes les plus à risque.
Parmi les 2.458 nourrissons ayant fait l'objet d'une évaluation complète, 48,7 % ne présentaient aucune déficience neurodéveloppementale ou une déficience légère au moment du suivi, 29,3 % souffraient d’une déficience neurodéveloppementale modérée et 21,2 % d’une déficience neurodéveloppementale grave.

Bonne nouvelle : les très grands prématurés, soit les nourrissons nés avant la 28ème semaine de grossesse, ont plus de chances de survivre de nos jours. C’est ce qu’ont révélé des chercheurs d'une équipe américaine dans une étude publiée dans la revue JAMA Network le 18 janvier dernier. Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques se sont appuyés sur les données de 19 centres médicaux recueillies entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2018. Ils ont analysé les informations de 10.877 bébés nés entre la 22ème et la 28ème semaine de grossesse. Les données ont été comparées à une cohorte similaire de nourrissons nés de 2008 à 2012.

Une hausse des taux de survie chez les très grands prématurés

D’après les résultats, 78,3 % des très grands prématurés ont survécu jusqu'à leur sortie de l’hôpital. Ce chiffre a augmenté par rapport à un taux historique de 76 % pour les nourrissons nés entre 2008 et 2012. Selon les travaux, la survie jusqu'à la sortie de l’établissement de santé était de 10,9 % pour les nourrissons nés à la 22ème semaine de grossesse et de 94 % pour les bébés nés à la 28ème semaine. La survie chez les nouveau-nés traités activement était de 30 % à la 22ème semaine de grossesse et de 55,8 % à la 23ème semaine. Parmi les nourrissons nés avant la 27ème semaine de grossesse qui ont survécu et ont été suivis pendant deux ans, 49,9 % ont été de nouveau hospitalisés et 21,2 % ont présenté des troubles graves du développement neurologique.

Une amélioration collective des soins

Selon Carl D'Angio, co-auteur de l'étude, cette amélioration des résultats pour les très grands prématurés peut être attribuée à de multiples facteurs. "Les centres médicaux universitaires ont adopté de meilleures pratiques, les ont appliquées et les ont partagés à un groupe de plus en plus large au niveau national. (…) Il y a des éléments où nous avons collectivement progressé, comme la ventilation, la nutrition et l'hydratation", a-t-il déclaré dans un communiqué"L'accouchement imminent d'un enfant extrêmement prématuré est un facteur de stress intense pour les familles. Pour aider les parents à faire face à cette situation, il est important de leur présenter les données dont nous disposons et de leur faire savoir à quoi s'attendre à long terme", a développé Carl D'Angio.