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Justice

Pizzas Buitoni : une enquête ouverte pour homicides involontaires

Par Mathilde Debry

Plusieurs plaintes ont été déposées auprès des tribunaux en France.

Nopparat Promtha / istock.
Les E. coli responsables du SHU sont présentes dans les intestins de nombreux animaux ruminants (vaches, veaux, chèvres, moutons, daims, etc.) et sont éliminées par les excréments qui peuvent alors contaminer l’environnement et les aliments.
Ces bactéries supportent bien le froid mais sont détruites par la cuisson.

Vendredi 1er avril, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "homicides involontaires", "tromperie" et "mise en danger d'autrui" contre la marque de pizzas surgelées Buitoni. La filiale de Nestlé est  soupçonnée d'avoir provoqué plusieurs contaminations à la bactérie Escherichia coli, dont deux enfants seraient décédés.

"Homicides involontaires"

"Le pôle de santé publique (PSP), sur dessaisissement des parquets de Nancy et Saint-Malo et en application de sa compétence en matière d'infractions portant atteinte à la santé", s'est saisi de l'enquête, a expliqué le parquet de Paris à l’AFP. Elle porte sur les infractions de "tromperie sur une marchandise, exposition ou vente de produits alimentaires corrompus ou falsifiés et nuisibles pour la santé, mise sur le marché d'un produit préjudiciable à la santé, mise en danger d'autrui, blessures involontaires et homicides involontaires". Des plaintes ont aussi été déposées dans des tribunaux.

Après plusieurs semaines d’enquête, les autorités sanitaires françaises avaient annoncé mercredi 30 mars avoir établi un lien entre la consommation des pizzas Buitoni et plusieurs cas de graves de syndrome hémolytique et urémique (SHU) dus à la bactérie Escherichia coli chez les enfants depuis le début du mois de février. 75 cas sont en cours d'investigation.

Syndrome hémolytique et urémique (SHU)

Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est une maladie infectieuse le plus souvent d’origine alimentaire, rare en France, mais potentiellement grave. Ce syndrome est fréquemment causé par une bactérie appartenant à la famille des Escherichia coli (E. coli), et se manifeste par de la diarrhée souvent accompagnée de sang, des douleurs abdominales et parfois de vomissements qui peuvent évoluer, après une semaine environ, vers une forme sévère de l’infection.

Comme pour toute intoxication alimentaire, la prévention passe par le respect des règles suivantes :
- Le lavage des mains doit être systématique avant la préparation des repas.
- Les légumes, les fruits et les herbes aromatiques doivent être soigneusement lavés, particulièrement lorsqu’ils sont consommés crus.
- Les aliments crus doivent être conservés séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés.
- Les plats cuisinés et les restes alimentaires doivent être rapidement mis au réfrigérateur, suffisamment réchauffés et consommés rapidement.
- Les ustensiles de cuisine (surtout lorsqu’ils ont été en contact préalablement avec des aliments crus) ainsi que les plans de travail doivent être soigneusement lavés.
- Les enfants ne doivent pas boire d’eau non traitée (eau de puits, torrent, etc.) et éviter d’en avaler lors de baignades (lac, étang, etc.).