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Environnement et santé

Polyarthrite rhumatoïde, MICI : et si c’était à cause de la pollution de l’air ?

Par Mégane Fleury

L’exposition à long terme à certains polluants augmente le risque de maladie auto-immune. 

CAHKT/istock
Selon l’OMS, 9 personnes sur 10 respirent un air pollué dans le monde.
Cette étude est observationnelle : elle met en avant une corrélation, mais pas un lien de cause à effet.
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie des articulations, qui se manifeste sous forme de poussée.

Les effets néfastes de la pollution de l’air sur la santé humaine sont nombreux, et certains sont encore inconnus. Dans RMD Open, des scientifiques montrent qu’elle est associée au risque de développer une maladie auto-immune, notamment la polyarthrite rhumatoïde et la MICI (maladie inflammatoire chronique de l’intestin). Ces pathologies sont la conséquence d'un dysfonctionnement du système immunitaire, qui s'attaque aux organes sains.  

Un sujet débattu 

La pollution atmosphérique provient majoritairement des gaz d'échappement des voitures et de l’industrie. Elle peut déclencher une réaction de l’organisme, qui se défend face à un agent pathogène. Parfois, ce phénomène est perturbé et la réponse est inadaptée, cela provoque une inflammation, et dans certains cas une maladie auto-immune. Ces dernières années, ces pathologies ont devenues plus fréquentes. "Le lien entre pollution de l'air et le risque accru de maladie auto-immune reste un sujet de débat", affirment les chercheurs.

Une étude sur plus de 80 000 personnes 

Ils ont décidé de mener des recherches pour mieux comprendre la réalité du lien entre pollution et maladie auto-immune. Les scientifiques ont utilisé une base de données italienne, qui leur a permis de récolter les informations médicales de plus de 80 000 personnes. La plupart étaient des femmes, dont l’âge moyen était de 65 ans, et 22% avaient au moins un problème de santé. Pour chaque participant, les chercheurs ont observé les informations issues de la station de surveillance de qualité de l’air la plus proche, grâce à la mise à disposition du code postal de sa résidence. Les chercheurs se sont intéressés à l'impact potentiel de deux types de particules : PM10 et PM2,5. Des niveaux de 30 µg/m3 pour les PM10 et de 20 µg/m3 pour les PM2,5 sont les seuils généralement considérés comme nocifs pour la santé humaine.

Des risques plus élevés de maladie auto-immune 

Sur l’ensemble des participants, 9723 personnes ont été diagnostiquées pour une maladie auto-immune entre 2016 et 2020. L'exposition moyenne à long terme des participants aux particules fines, entre 2013 et 2019, était de 16 µg/m3 pour les PM2,5 et de 25 µg/m3 pour les PM10. Selon les analyses réalisées par les auteurs,  les PM10 étaient associées à une augmentation de  7 % de ce même risque. L'exposition à long terme aux PM10, à un seuil supérieur à 30 µg/m3 et à des PM2,5 au-dessus de 20 µg/m3 correspondait à un risque de maladie auto-immune de 12 % et 13 % plus élevé. Les chercheurs observent que les PM10 semblent davantage corrélée à un risque plus élevé de polyarthrite rhumatoïde, alors que l'exposition à long terme aux PM2,5 augmentait aussi le risque de MICI. S’ils reconnaissent certaines limites à leur étude, notamment le fait que la qualité de l’air retenue ne reflète pas forcément l’exposition individuelle aux polluants, les auteurs rappellent que les liens entre pollution de l’air et maladie auto-immune ont déjà été mis en lumière. Selon l’Organisation mondiale de la santé, chaque année environ sept millions de décès prématurés sont dus aux effets de la pollution de l’air.