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Déclin cognitif

Enseignement supérieur et compétences linguistiques : un effet protecteur contre la démence ?

Par Geneviève Andrianaly

Des scientifiques canadiens ont révélé que le fait d’avoir fait des études supérieures et de posséder des compétences linguistiques permettait de prévenir la survenue d’une démence.

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Dans le monde, 50 millions de personnes sont atteintes de démence. Chaque année, près de 10 millions de nouveaux cas sont enregistrés.
La maladie d’Alzheimer est la cause la plus courante de démence et serait à l’origine de 60 à 70 % des cas.

La démence est un déclin lent et progressif de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de l’aptitude à réaliser les activités quotidiennes. D’après des recherches publiées dans la revue Neurology, les adultes souffrant de troubles cognitifs légers, qui ont des compétences linguistiques et fait des études supérieures, ont plus de chances que leurs fonctions cognitives reviennent à la normale. Ces personnes auraient moins de risque de souffrir de démence.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de l’université de Waterloo, au Canada, ont suivi 619 personnes en bonne santé pendant huit ans. Au total, 472 participants ont reçu un diagnostic de déficience cognitive légère pendant l’étude. Sur ces 472 volontaires, 143, soit 30,3 %, ont retrouvé des fonctions cognitives normales et 120 (83,9%) n'ont jamais développé de démence.

Une réduction du risque de démence grâce à un niveau d’éducation élevé

"Même après avoir pris en compte l'âge et la génétique - des facteurs de risque établis de démence - nous avons constaté qu'un niveau d'éducation plus élevé doublait les chances que les personnes atteintes de troubles cognitifs légers retrouvent une cognition normale au lieu de progresser vers la démence", a indiqué Suzanne Tyas, professeur à l’université de Waterloo et auteure principale des travaux, dans un communiqué.

D’après les résultats, les compétences linguistiques, qu'elles se traduisent par des notes élevées en anglais à l'école ou par une écriture grammaticalement complexe, permettaient aussi de prévenir une démence. "La possession d'une réserve cognitive élevée - basée sur l'éducation, des notes scolaires élevées et des compétences en langue écrite - peut permettre de prédire ce qui se passe des années après qu'une personne a reçu un diagnostic de déficience cognitive légère", a ajouté la chercheuse.

Des résultats rassurants

Selon les scientifiques, ces résultats pourraient rassurer les personnes atteintes d'une déficience cognitive légère, car ils contredisent l'hypothèse selon laquelle ce trouble est simplement un stade précoce de la démence. "Nous ne pouvons pas faire grand-chose contre l'âge et la génétique, il est donc encourageant que nos résultats montrent qu'il existe d'autres moyens de réduire le risque de démence, comme la constitution d'une réserve cognitive par l'éducation et les compétences linguistiques plus tôt dans la vie", a déclaré Suzanne Tyas.