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Faute éthique ?

Née d'une PMA, elle accuse le gynécologue d'avoir utilisé son propre sperme lors de l'insémination

Par Mégane Fleury

Marjorie Mendes, née d’une procréation médicalement assistée (PMA), estime d'après ses recherches que le gynécologue de sa mère pourrait être son père biologique. 

HOMONSTOCK/istock
L’insémination artificielle consiste à déposer des spermatozoïdes directement dans l’utérus.
Cet acte médical peut être réalisé dans le cabinet d’un gynécologue, car il ne nécessite pas d’hospitalisation.
Depuis septembre 2021, la PMA est accessible à toutes les femmes.

Marjorie Mendes voulait en savoir plus sur ses origines, elle pense avoir découvert un scandale. Il y a deux ans, la trentenaire s’est procuré un test ADN via un site en ligne, car ces kits sont interdits en France. Les résultats montrent qu’elle a des liens génétiques avec le gynécologue de sa mère, qui pourrait être son père biologique. À France Info, elle raconte comment elle a fait cette découverte. 

Une pratique auparavant moins encadrée 

Née en 1986, Marjorie Mendes a été conçue par procréation médicalement assistée, réalisée au cabinet du gynécologue de sa mère. Cette dernière explique qu’elle pensait que le sperme utilisé avait été donné préalablement. "Lors de l'insémination, le gynécologue n'a rien dit, il m'a juste demandé un petit quelque chose pour payer la personne, a-t-elle confié à France Info. J'ai demandé s'il y avait des garanties au niveau de certaines maladies, et il m'a dit de ne pas m’inquiéter." Avant la fin des années 1990, il était possible de recevoir un don de sperme non-congelé (c’est aujourd’hui interdit par le Code de Santé publique). 

Il y a deux ans, lorsque Marjorie Mendes réalise le test ADN, elle remarque qu’elle partage les mêmes origines ethniques que le gynécologue de sa mère. "C'est une origine qui est peu courante, donc tout de suite ça a fait tilt, explique-t-elle à BFMTV. Sauf qu'on n'y croit pas, on pense à autre chose, une coïncidence." Puis les résultats lui permettent de trouver des personnes avec qui elle a des similitudes d’ADN. D’abord, elle constate qu’elle partage 4,6% d’ADN avec quelqu’un, puis plusieurs autres personnes correspondent. Comme les noms de ces individus sont visibles sur la base de données associée au test, Marjorie Mendes décide de les contacter sur les réseaux sociaux et commence à créer un arbre généalogique.

D’autres femmes concernées ? 

"Rapidement, le nom du gynécologue de ma mère est apparu au cours de ces conversations", raconte-t-elle. La trentenaire comptabilise sept personnes avec qui elle partage des correspondances génétiques. Elle découvre ensuite un individu avec qui la correspondance est de 20%, soit l’équivalent d’un lien entre demi-frère et demi-soeur. France Info a réussi à joindre sa mère : "elle confirme avoir été une patiente du même gynécologue que la maman de Marjorie", précise le site d'information. Le professionnel de santé en question, contacté par les journalistes, nie avoir utilisé son propre sperme pour réaliser ces inséminations. 

Marjorie Mendes et sa mère ne seraient pas les seules victimes de telles pratiques. L'association PMAnonyme a transmis un document à l'Ordre des médecins pour signaler des possibles "fautes éthiques et déontologiques graves" commises au cours des années 1970 et 1980. Au total, trois gynécologues sont soupçonnés d'avoir utilisé leur propre sperme lors de l'insémination de leurs patientes. 

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