ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Marseille : une bactérie mutante s'attaque aux personnes fragiles

3 décès recensés

Marseille : une bactérie mutante s'attaque aux personnes fragiles

Par Julian Prial

Détectée depuis mars 2013 dans plusieurs établissements de santé des Bouches-du-Rhône, la bactérie Clostridium difficile 027 est suspectée d'avoir causé trois morts dans la région.

DURAND FLORENCE/SIPA

« Clostridium difficile 027 », c'est le nom de la bactérie mutante qui inquiète la communauté médidcale et les patients des Bouches-du-Rhône. En effet, détectée depuis mars 2013 dans plusieurs établissements sanitaires et médico-sociaux de la région, « elle présente un caractère plus sévère que la souche originelle », a expliqué dans un communiqué l’Agence Régionale de Santé (ARS).

« Même si le lien de causalité n’est pas établi par la communauté médicale », 3 patients atteints de Clostridium difficile 027 sont morts récemment dans la région, a reconnu l'ARS. Et l'Agence de préciser que « la plupart de ces personnes étant fragilisées par l’avancée en âge et la maladie.»
A l'heure actuelle, 4 malades restent toujours atteints par une infection liée à la bactérie. Elles sont actuellement suivies à l’Hôpital Nord de Marseille par les équipes médicales du service des maladies infectieuses. « Ces personnes sont isolées et les mesures d’hygiène sont mises en œuvre », précise le communiqué. 

Depuis mars 2013, 41 personnes ont été atteintes d’une infection à Clostridium difficile 027 dans les Bouches-du-Rhône, dont 10 à Marseille. L’infection a ainsi été identifiée dans 6 établissements sanitaires et médicosociaux du département accueillant des personnes âgées

Très contagieuse, cette infection par Clostridium difficile 027 se transmet de manière oro-fécale. Elle se manifeste par des diarrhées, accompagnée de crampes abdominales et de fièvre. « La bactérie est particulièrement délétère chez les personnes âgées, la moyenne d’âge des patients atteint oscille entre 75 et 80 ans, qui ont auparavant été traitées par antibiothérapie. Des traitements qui altèrent la flore intestinale et qui laissent le champ libre à la bactérie », précise l'Institut de veille sanitaire. Enfin, outre le rappel des mesures d’hygiène dans les établissements touchés, l’Agence sensibilise les médecins libéraux sur l'urgence de détecter au plus vite la bactérie.