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Quinzaine de la HTA

HTA liée à l'apnée du sommeil: comment bien respirer pour faire baisser sa tension

Par Diane Cacciarella

De simples exercices de respiration pourraient bientôt permettre de réduire l’apnée du sommeil et l’hypertension artérielle qu’elle génère. 

cherrybeans/iStock
Des exercices de respiration pour réduire l’hypertension artérielle liée à l’apnée du sommeil vont bientôt être testés sur l’Homme.
Pendant six mois, les participants devront faire cinq minutes d’exercices respiratoires par jour, composées de 30 efforts inspiratoires.

Au moins 30% des plus de 65 ans sont concernés par l’apnée du sommeil selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Ce syndrome se manifeste par des interruptions répétées et incontrôlées de la respiration pendant le sommeil. En général, les patients subissent, sans en avoir conscience, des micro-réveils pendant la nuit ce qui perturbe leur sommeil et a des conséquences dans leur vie quotidienne : des somnolences pendant la journée, des difficultés de concentration ou de mémoire. Certains ont aussi des complications cardiovasculaires comme de l’hypertension artérielle. Statistiquement, l’apnée du sommeil concerne davantage les hommes que les femmes. Les facteurs de risque sont, entre autres, le surpoids et le diabète. En effet, environ 16% des patients diabétiques de type 2 souffrent d’apnée du sommeil. 

On parle d’hypertension artérielle à partir de 149/90

Des chercheurs ont trouvé une méthode pour réduire l’un des symptômes de l’apnée du sommeil : l’hypertension artérielle. Il s’agit de la pathologie chronique la plus fréquente en France selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Elle peut être définie comme une pression anormalement élevée du sang dans les vaisseaux sanguins. La plupart du temps, elle est mesurée à l’occasion de consultations avec son médecin généraliste avec un tensiomètre. Une tension normale est de 120/80. Le premier chiffre est la pression systolique, elle équivaut à la pression maximale, lorsque le cœur se contracte pour se vider de sang. 80 est la pression diastolique, c’est-à-dire minimale lorsque le cœur se relâche pour se remplir.  On parle d’hypertension  artérielle lorsque ces chiffres dépassent 149/90 au cabinet du médecin et 135/85 à domicile. En cas de suspicion d’hypertension artérielle, le médecin demande souvent au patient de faire des auto-relevés chez lui plusieurs fois par jour pendant trois jours.

La phase II de l’essai clinique bientôt lancé

La méthode trouvée par les chercheurs pour réduire l’hypertension artérielle est un programme d’exercices de respiration nommé “entraînement des muscles inspiratoires”. Celui-ci permet aussi d’améliorer la qualité de sommeil et la santé cardiovasculaire générale chez les adultes souffrant d’apnée du sommeil. Prochainement, les scientifiques vont lancer un essai clinique de phase II  afin d’évaluer l’efficacité à long terme de ce protocole d'entraînement respiratoire.  

5 minutes d’exercice respiratoire par jour 

Initialement, cet entraînement a été créé pour les athlètes et les personnes souffrants de troubles respiratoires. Il a donc été adapté pour les personnes souffrants d’apnée du sommeil. L’un de ses atouts est qu’il peut être pratiqué partout grâce à la version portative de l’appareil d’entraînement. Le contenu du programme est assez simple : cinq minutes d’exercices respiratoires par jour, composées de 30 efforts inspiratoires. Lors de la phase II, les participants âgés de 50 à 80 ans vont devoir le suivre cinq jours par semaine pendant six mois. Régulièrement, ils auront des dépistages réguliers de leur santé cardiovasculaire, respiratoire et du sommeil. Et, trois mois après la fin du programme, l’équipe fera un dernier bilan afin d’évaluer la durabilité des bénéfices du programme.  

Faire de l’exercice physique et marcher au moins 10 000 pas par jour

Pour lutter contre l’apnée du sommeil, il est essentiel d’avoir un mode vie actif. L’objectif est d’éviter la sédentarité au maximum, c’est-à-dire le fait d’avoir une activité physique faible ou nulle avec une dépense énergétique proche de zéro. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une personne est considérée comme inactive en dessous de 150 minutes d’activité physique modérée ou de 75 minutes de sport intense par semaine. Ainsi, il est recommandé de pratiquer au moins deux à trois séances de sport par semaine et de marcher au moins 10 000 pas par jour. 

Ci-dessous, l'interview du Pr Jacques Blacher sur les causes de la HTA :