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Balance bénéfice-risque

Covid-19 : les allergies aux vaccins ARNm sont rares

Par Diane Cacciarella

Des réactions allergiques aux vaccins à ARN messager ont été enregistrées mais celles-ci resteraient rares, généralement bénignes et facilement traitées.

Jean-philippe WALLET/iStock
MOTS-CLÉS :
Les réactions allergiques après la première dose de vaccin à ARNm seraient dues au stabilisant contenu dans le produit.
Dans une étude, des scientifiques donnent des solutions pour reformuler le vaccin afin de les éviter.

Actuellement, 50 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19 en France, dont plus de 47 millions qui sont totalement vaccinées selon le ministère des Solidarités et de la Santé. La plupart de ces individus ont été vaccinés avec des doses de Pfizer ou Moderna, des vaccins à ARN messager. S’ils sont efficaces contre la Covid-19, ils ont néanmoins, pour certains, des effets secondaires à l’instar de réactions allergiques. Mais, selon une étude publiée dans la revue JAMA Network Open, ces effets indésirables seraient rares, généralement bénins et pourraient être facilement traités. Les chercheurs estiment qu’ils ne devraient donc pas dissuader les citoyens d’aller se faire vacciner. 

Essoufflement, urticaire, gonflements, perte de connaissance...

Pour parvenir à ce résultat, les scientifiques ont analysé les données d’environ 39 000 personnes ayant fait leur première dose de vaccin Pfizer (31 635 individus) ou Moderna (7 260). Seuls 22 d’entre eux, dont vingt femmes, ont eu des réactions allergiques comme de l’urticaire, des gonflements de la bouche, des lèvres, de la langue ou de la gorge, des essoufflements, une oppression thoracique, un changement de la pression artérielle ou encore une perte de connaissance. Mais, très vite, tous les patients ont été traités et sont allés beaucoup mieux. Aucune séquelle n’a été enregistrée par les scientifiques. D’autre part, 15 de ces patients avaient déjà eu des réactions allergiques. Parmi ces antécédents, 10 personnes ont mal réagi à des antibiotiques, neuf à des aliments et huit à des médicaments non antibiotiques. 

Des allergies dues au stabilisant présent dans le vaccin

La plupart des patients étudiés par les chercheurs ont eu des effets secondaires dus à un composant du vaccin appelé stabilisant. Celui-ci permet de maintenir la qualité du produit pendant son entreposage. D’après les auteurs, ce stabilisant serait aussi présent dans des médicaments, des produits ménagers ou encore dans certains cosmétiques. Ainsi, les femmes seraient donc plus susceptibles d'être exposées à de grandes quantités de cette substance, ce qui pourrait expliquer qu’elles aient eu davantage d'allergies aux vaccins. En effet, les expositions répétées à une substance peuvent parfois sensibiliser le système immunitaire et provoquer des allergies.

Reformuler les vaccins pour éviter au maximum le risque d’allergies

Les auteurs soulignent que la plupart des réactions allergiques ne sont donc pas dues aux ingrédients du vaccin qui protègent contre le virus, ce qui leur semble rassurant. De plus, ces effets néfastes se sont produits par une activation indirecte des voies allergiques, ce qui les rend plus faciles à traiter. "C'est bien de savoir que ces réactions sont gérables, explique Kari Nadeau, l’un des auteurs. Avoir une réaction allergique à ces nouveaux vaccins est rare, et si cela se produit, il existe un moyen de le gérer. (...) Il ne semble pas que l'ARNm lui-même provoque des réactions allergiques." Dans leur étude, les scientifiques proposent aussi des solutions aux laboratoires pour reformuler les vaccins afin qu’ils déclenchent - encore - moins de réactions allergiques. Selon le programme américain de sécurité des vaccins, les manifestations les plus sévères d’allergies (qui nécessitent une hospitalisation) ne représentent que 4,7 cas sur un million de doses Pfizer et 2,5 pour Moderna. Des risques donc très faibles pour de grands bénéfices à ces vaccins.