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Diphtérie, tétanos, coqueluche

Retard dans la vaccination des enfants : l’OMS alerte sur un risque de "catastrophe"

Par Mégane Fleury

En 2020, 23 millions d’enfants n’ont pas été vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. 

LanaStock/istock
En France, la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche est obligatoire pour les nourrissons.
Selon l'ONU, la fermeture de certaines cliniques, les mesures de confinement, la réduction des transports en commun et la peur d'être contaminé ont contribué à la baisse de la vaccination infantile.
L'ONU, l'OMS et l'UNICEF ont pour objectif d'atteindre une couverture vaccinale de 90% d'ici à 2030, pour les vaccins infantiles essentiels.

La pandémie ralentit tout, et les enfants en pâtissent. Les Nations Unies lancent une alerte, jeudi 15 juillet : un retard important s’est accumulé dans la vaccination des enfants, faisant courir le risque d’une "catastrophe absolue".

En 2020, 23 millions d’enfants n’ont pas reçu les trois doses nécessaires du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. C’est le chiffre le plus élevé depuis 2009, et cela représente 3,7 millions d’enfants non-vaccinés en plus en comparaison à 2019. 

Une situation à risque 

Selon les informations récoltées par les Nations Unies, près de 17 millions d’enfants n’ont reçu aucune dose de vaccin depuis début 2020. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, s’inquiète de ce retour en arrière sur la vaccination. "Des épidémies multiples seraient catastrophiques pour les communautés et les systèmes de santé déjà submergés par la Covid-19, annonce-t-il dans un communiqué. Face à cela, il est encore plus urgent d’investir dans la vaccination infantile, et de s’assurer que chaque enfant en bénéficie." En plus de ces enfants n’ayant pas reçu ces vaccins jugés vitaux, des millions d’autres n’ont pas reçus les doses nécessaires d’autres vaccins infantiles. 

L’Inde, pays le plus touché par les retards de vaccination infantile 

"La plupart de ces enfants vivent dans des communautés affectées par des conflits, dans des endroits reculés sans accès aux services, ou dans des bidonvilles, où ils sont confrontés à de nombreuses difficultés dont un accès limité aux services de santé et sociaux", souligne l’OMS dans son communiqué. Les régions les plus concernées sont l’Asie du sud et les régions de l’Est méditerranéen. En Inde, plus de 3 millions d’enfants n’ont pas reçu le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, contre 1,4 millions en 2019. Au Pakistan, 968 000 enfants ne l’ont pas reçu, et 797 000 en Indonésie. 

Le retour de certaines maladies 

"Avant la pandémie, il y avait des signes inquiétants qui montraient déjà que nous perdions du terrain dans la vaccination des enfants contre les maladies infantiles évitables, notamment avec les épidémies de rougeole il y a deux ans, rappelle Henrietta Fore, directrice exécutive de l’UNICEF. La pandémie a aggravé la situation." Par exemple, en 2019, les États-Unis ont été confrontés au retour de la rougeole, alors qu'elle avait été déclarée éradiquée en 2000 dans le pays. Depuis plusieurs années, la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la rougeole et la polio stagnaient aux alentours de 86%, soit sous la barre des 95% recommandée par l’OMS.