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Préjugés

Sexisme : la douleur des femmes est moins prise au sérieux que celle des hommes

Par Mathilde Debry

Lorsque les hommes et les femmes expriment une intensité de douleur similaire, la souffrance des femmes est considérée comme moins intense à cause des stéréotypes de genre.

Ponomariova_Maria / istock.
Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), "la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes".
La douleur reposant donc avant tout sur le ressenti du patient, cela la rend difficile à quantifier et à qualifier.

Selon une nouvelle étude publiée dans le Journal of Pain, la douleur des femmes n'est pas prise en compte aussi sérieusement que celle des hommes.

Les femmes qui ont mal sont plus traitées par psychothérapie

Les chercheurs ont observé que lorsque les hommes et les femmes expriment une intensité de douleur similaire, la souffrance des femmes est considérée comme moins intense à cause des stéréotypes de genre. Concrètement, les hommes sont vus comme plus résistants à la douleur, ce qui amène à prendre davantage leur souffrance au sérieux quand ils l’expriment.

Ainsi, les femmes incluses dans la cohorte avaient plus de chances de se voir recommander une psychothérapie pour traiter leur douleur supposée imaginaire, alors que les hommes étaient plus volontiers orientés vers des médicaments.

Les préjugés sexistes diminuent l'efficacité des soins contre la douleur

"Les préjugés sexistes dans l'estimation de la douleur peuvent constituer un obstacle à l'efficacité des soins, et les approches expérimentales visant à caractériser les idées reçues, comme celle que nous avons testée ici, pourraient conduire au développement de politiques anti-discriminatoires" en faveur des femmes, conclut l’équipe d’Elizabeth Losin, professeure de psychologie et directrice du laboratoire de neurosciences de l'Université de Miami.

D'après le livre blanc publié par la SFETD, plus de 12 millions de Français souffrent de douleurs chroniques, soit un français sur cinq. La douleur constitue le premier motif de consultation chez le médecin généraliste et dans les services d’urgence.