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Pollution de l'air

Lyon veut bannir le diesel en 2025 : le lien entre particules fines et cancer est avéré

Par La rédaction

La métropole lyonnaise sera la première en Europe a interdire l’utilisation des véhicules diesel sur l’ensemble de son agglomération, alors qu’ils représentent encore près de 60% du parc automobile. Selon les élus, c’est la condition sine qua non pour améliorer la qualité de l’air ... et protéger la population des effets très nocifs des particules fines et gaz polluants émis par ces voitures.

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Lyon et sa métropole interdiront en 2025 l'accès aux véhicules diesel sur l'ensemble de l'agglomération.
Le trafic routier et les véhicules diesel sont responsables des particules fines qui restent en suspension dans l'air. Elles provoquent des maladies cardiovasculaires, pulmonaires et diminuent l'espérance de vie.
En France, 58,7% du parc automobile est encore équipé de moteurs diesel

Il est bien fini le temps où le diesel avait le vent en poupe en France. Il est même en passe de devenir un paria. Le président de la métropole de Lyon, Bruno Bernard (EELV), qui a fait campagne aux élections métropolitaines de 2020 en axant son mandat sur la qualité de l’air, veut aller plus loin pour permettre au plus grand nombre de respirer mieux : à partir de 2025, Lyon et sa métropole interdiront l’utilisation de véhicules diesel sur l’ensemble de l’agglomération. 

Le coup de grâce de Volkswagen

Après les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, l’industrie automobile tricolore avait perdu de sa superbe. Pour éviter que Renault et le groupe PSA ne licencient massivement, le gouvernement, à partir des années 80, a encouragé la vente de véhicules diesel moins coûteux à l'usage. Cela s'est traduit par des mesures incitatives, notamment à la pompe, avec un prix du carburant moins cher que celui de l’essence.  A l’époque, les risques de pollution et ses effets néfastes sur la santé n’étaient pas connu. C’est grâce à ce coup de pouce que les véhicules diesel se sont installés durablement dans le paysage hexagonal. 

En 2012, la classification des véhicules diesel comme “cancérigènes certains” par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) motive les pouvoirs publics à revoir leur copie. Trois ans plus tard, c’est le scandale du dieselgate du constructeur automobile Volkswagen, qui a avoué avoir sciemment trafiqué les tests d’homologation de ces moteurs pour en minimiser les taux de rejets polluant, qui scellera définitivement le sort des véhicules diesel. La signature des accords de Paris sur le climat quelques mois plus tard changera définitivement la donne.

En effet, les véhicules diesel sont accusés d’émettre du dioxyde et du monoxyde d’azote, des gaz irritants le système respiratoire. Surtout, ils rejettent massivement des particules fines classées comme cancérigènes pour l’être humain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). A cause de leur petite taille (les PM2,5 ont un diamètre inférieur à 2,5 micromètres), ces particules restent en suspension dans l’air et s’infiltres très loin dans les poumons lorsqu’elles sont respirées. 

Des rejets mortels pour la santé

Lyon et certaines villes de son agglomération font déjà partie de la convention qui régit les zones à fables émissions (ZFE). Dans ce périmètre, l’accès à la ville s’appuie sur les vignettes Crit’air, qui ne laissent rentrer, stationner et circuler que les véhicules les moins polluants. En interdisant purement et simplement les véhicules diesel, le président de la Métropole de Lyon frappe fort. En contrepartie, afin de ne pas léser ses administrés, il s’engage à développer l’offre de transport en commun, à les rendre gratuit pour les plus modestes, ainsi qu’à développer les infrastructures pour les mobilités douces, comme la marche ou le vélo. 

La qualité de l’air est un enjeu majeur de santé publique dans le monde entier. Rien qu’en Europe, 13% des décès sont dus à la pollution. En France, la pollution de l’air tue chaque année 50 000 personnes. Si les entreprises font partie des plus gros émetteurs de polluants atmosphériques, le trafic automobile n’est pas en reste. A cause de sa nocivité et de sa suspension dans l’air, la pollution aux particules fines est accusée de réduire l’espérance de vie des personnes qui la respire, de provoquer des décès prématurés et d’augmenter les risques de maladies cardiovasculaires. Dans un rapport publié il y a quelques mois, l’OMS indiquait même que le respect des normes sur la qualité de l’air pourrait sauver 140 000 personnes.