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Les mauvais comportements provoquent le même dégoût que les mauvaises odeurs

Par Jean-Guillaume Bayard

Les mauvaises attitudes provoquent des réponses cérébrales similaires à celles provoquées par les mauvaises odeurs.

andriano_cz/iStock
Il existe un lien entre jugement moral et dégoût.
La douleur n'a pas de lien avec les jugements moraux.
Une mauvaise odeur, qu’elle provienne d’une poubelle, d’un aliment oublié dans le frigo ou d’un vêtement sale provoque une sensation de rejet immédiat. Comme lorsque l'on se retrouve face à une personne ayant une attitude désagréable voire hostile? Oui, répondent des chercheurs suisses de l’université de Genève qui ont révélé qu’un mauvais comportement provoque des réponses cérébrales similaires à celles provoquées par les mauvaises odeurs. Ils ont publié leurs résultats le 16 octobre dans la revue Science Advances.

Un lien entre jugement moral et dégoût

Les chercheurs ont utilisé une nouvelle méthode d'imagerie cérébrale pour observer les réactions cérébrales face à des mauvais comportements. Les patients ont été confronté à la lecture d’un dilemme moral. Après cela, ils ont été exposés soit à un stimulus de mauvaise odeur, soit à un stimulus douloureux, d’intensité équivalente. Les chercheurs ont observé que la perception des mauvaises odeurs a été influencée par la lecture tandis que celle de la douleur de l’a pas été. Les participants ont perçu les mauvaises odeurs de manière plus intense.

Les chercheurs ont conclu de ces résultats qu’il existe un lien entre le jugement moral et le dégoût. “Par exemple, si je bois quelque chose en lisant un article sur la corruption qui touche mon jugement moral, il est possible que je trouve que ma boisson sente mauvais et qu’elle ait un goût infâme. L’inverse est vrai, les odeurs peuvent provoquer un jugement moral inapproprié. Concrètement, une personne qui sent mauvais aura tendance à être jugée comme malsaine par les autres”, avance Corrado Corradi-Dell'Acqua, chercheur au Département de psychologie de l’UNIGE et auteur principal de l’étude.

Pas de lien avec la douleur

Les chercheurs ont souhaité comparer dégoût et douleur puisque des études précédentes ont indiqué un lien entre jugement moral et douleur. Le souvenir d’une expérience douloureuse activeraient nos réflexes de survie et auraient une influence sur nos jugements moraux qui se basent sur des faits réels. “Si un conducteur distrait ne voit pas un piéton traverser la route, je porterai un jugement plus négatif sur lui si le piéton a effectivement été blessé, plutôt que s’il est évité”, image le chercheur. Cette nouvelle étude montre que le lien existe bien entre le jugement moral et l’intensité de perception des mauvaises odeurs mais sans qu’aucun lien n’ait été vérifié avec la douleur.