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Covid-19

Les masques chirurgicaux et en coton ne filtrent pas efficacement le SARS-CoV-2

Par Jean-Guillaume Bayard

Une nouvelle étude affirme que ni les masques chirurgicaux ni les masques en coton ne filtrent efficacement le SARS-CoV-2, laissant le virus se propager si son propriétaire tousse.

PS3000/iStock
Le port du masque est au coeur du débat sur les conditions d'un futur déconfinement
Les études montrent que le port du masque chirurgical ne protège par de SARS-CoV-2
En revanche, ces masques peuvent éviter que des porteurs du virus contaminent ceux qu'ils côtoient

Le gouvernement milite pour le port du masque, soutenu par un site qui explique comment fabriquer son propre masque. Une démarche soutenue par les professionnels comme Philippe Dumas qui l’explique dans notre podcast. Une étude montre que les masques chirurgicaux et en coton ne sont pas efficace pour empêcher la propagation du SARS-CoV-2. L’étude, menée dans deux hôpitaux de Séoul (Corée du Sud), a révélé que lorsque des patients Covid-19 toussaient dans l'un ou l'autre type de masque, des gouttelettes de virus étaient libérées dans l'environnement et la surface externe du masque. Les conclusions ont été publiés dans Annals of Internal Medicine.

Cela confirme l’importance de l’hygiène des mains

L’objectif de ces masques est d’empêcher la transmission du virus. Avec une pénurie des masques chirurgicaux, les masques en coton ont suscité un intérêt comme substitut. Des chercheurs de l'Asan Medical Center et de la University of Ulsan College of Medicine, à Séoul, ont demandé à 4 patients atteints de Covid-19 de tousser 5 fois chacun sur une boîte de Pétri. Ils ont réalisé cette opération sans masque, avec un masque chirurgical et en coton. En étudiant ensuite la surface, les chercheurs se sont rendu compte que dans tous les cas le SARS-CoV-2 est présent. Ces résultats suggèrent que les recommandations de porter des masques pour prévenir la propagation de Covid-19 pourraient ne pas être efficaces.

Les chercheurs notent par ailleurs qu’ils ont constaté une contamination plus importante à l’extérieur que sur les surfaces intérieures du masques. Alternativement, les petits aérosols de SARS-CoV-2 générés lors d'une toux à grande vitesse pourraient pénétrer dans les masques. Cependant, cette hypothèse ne peut être valable que si les patients qui toussent n'exhalent pas de particules de grande taille, qui devraient se déposer sur la surface interne malgré une vitesse élevée. Ces observations confirment l'importance de l'hygiène des mains après avoir touché la surface extérieure des masques.

Les chercheurs précisent que cette étude ne reflète pas la transmission réelle de l'infection chez les patients atteints de Covid-19 portant différents types de masques. Ils ne savent pas si les masques raccourcissent la distance de déplacement des gouttelettes pendant la toux. Une étude plus approfondie est nécessaire pour déterminer si les masques faciaux diminuent la transmission du virus par des individus asymptomatiques ou par des personnes soupçonnées de Covid-19 qui ne toussent pas.