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Ce n’est pas un mythe

Le stress nous fait bien des cheveux blancs

Par Mégane Fleury

Des chercheurs prouvent qu’il y a un lien entre stress et blanchiment des cheveux. Ils ont également découvert une manière de lutter contre ce phénomène. 

Cunaplus_M.Faba/iStock

Dire que l'on “se fait des cheveux blancs” signifie que l’on s’inquiète. La science prouve le bien-fondé de cette expression. Dans la revue Nature, des chercheurs montrent que le stress peut accélérer l’apparition des cheveux blancs. Leurs résultats ont été obtenus en menant une expérience sur des souris. 

Des souris blanches en seulement 4 semaines

Les chercheurs des universités d’Harvard (Etats-Unis) et de Sao Paulo (Brésil) ont injecté aux souris une solution reproduisant l’effet du stress sur leur organisme. Au bout de 4 semaines, le pelage des animaux est devenu complètement blanc. Les équipes ont reproduit plusieurs fois l’expérience et sont parvenus au même constat à chaque fois : il y a un lien entre blanchiment des poils et stress. 

Des cellules incapables de fabriquer des pigments 

L’analyse des cellules explique les causes de ce phénomène. La couleur des cheveux est liée à la mélanine : ce pigment est fabriqué par les mélanocytes, des cellules différenciées, produites par des cellules souches de mélanocytes. Lorsque les souris ont reçu le produit provoquant du stress, leur nombre de cellules souches de mélanocytes a faibli. D’après les chercheurs, l’anxiété accélère la maturation des cellules souches et les rend incapables de régénérer les pigments. 

Une piste pour bloquer le blanchiment 

Les chercheurs ont mené une autre étude en parallèle pour comprendre l'action précise du stress sur la couleur des cheveux. Dans un premier temps, ils ont identité une protéine liée à l’action du stress sur les cellules souches : la kinase dépendante des cyclones (CDK). Ensuite, ils ont testé un médicament utilisé contre l’hypertension. Il s’est révélé efficace pour supprimer la protéine et empêcher le blanchiment du pelage des souris. “Ces découvertes ne constituent pas un traitement contre les cheveux blancs, tempère le professeur Ya-Cieh Hsu de l’université d’Harvard, sur le site de la BBC. Notre découverte est seulement le début d’un long travail pour trouver une manière d’agir chez l’humain.”