ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Des experts insistent pour une réglementation plus stricte concernant l'usage de la e-cigarette

Études menées chez l'humain et la souris

Des experts insistent pour une réglementation plus stricte concernant l'usage de la e-cigarette

Par Chloé Savellon

Des expériences menées chez l’humain et la souris décrivent un mécanisme qui montre comment et pourquoi l'usage de la e-cigarette pourrait endommager les poumons, le cerveau et le système cardiovasculaire. 

HAZEMMKAMAL

Une équipe de scientifiques allemands a enquêté afin de savoir si les e-cigarettes peuvent endommager les organes vitaux et pourquoi. Les résultats de leurs recherches sont publiés dans l’European Heart Journal. Dirigée par Thomas Münzel, médecin et chercheur au Centre médical universitaire de Mayence (Allemagne), l’étude a d’abord examiné si les vapeurs d'e-cigarettes pouvaient affecter la circulation sanguine et la raideur artérielle.

Pour ce faire, les chercheurs ont observé 20 fumeurs en bonne santé avant et 15 minutes après avoir utilisé une e-cigarette. Cette expérience a montré que l'utilisation d'une e-cigarette était susceptible d’augmenter le rythme cardiaque des participants, de rendre leurs artères plus rigides et d’affecter le fonctionnement de l'endothélium, couche de vaisseaux sanguins qui empêche les substances toxiques de passer dans la circulation sanguine.

La deuxième expérience a consisté à exposer 151 souris à la vapeur de e-cigarette pendant 20 minutes, six fois par jour sur une période de 1, 3 ou 5 jours. A l’issue de ces périodes, les chercheurs ont découvert que les vapeurs artificielles endommageaient les vaisseaux sanguins des rongeurs.

Selon l’étude, les dommages ont été causés par une enzyme appelée NOX-2, qui joue un rôle clé dans la régulation de la santé cellulaire. “Nous avons découvert qu'un produit chimique toxique appelé acroléine, qui est produit lorsque le liquide dans la cigarette électronique est vaporisé, active les effets nocifs de NOX-2”, explique le Dr Münzel.

Dissuader les jeunes de se mettre à la e-cigarette

Les auteurs de l’étude ont également administré à une partie des rongeurs du macitentan, traitement utilisé pour traiter le dysfonctionnement endothélial et l'hypertension artérielle. Les autres souris ont reçu du bépridil, un médicament conçu pour prévenir la mort cellulaire anormale attribuée à l'hypertension artérielle ou l'angine.

“Ces souris n'ont pas présenté de dysfonction endothéliale, de mort cellulaire anormale ou d'inflammation anormale lorsqu'elles ont été exposées aux vapeurs d'e-cigarettes. Les effets bénéfiques du macitentan et du bepridil indiquent que les e-cigarettes ont la capacité de déclencher la constriction des vaisseaux sanguins et d'altérer les systèmes antioxydants et de survie de nos cellules”, analyse le Dr Münzel.

Attention à qui finance les études 

Au vu de ces résultats, les chercheurs insistent sur la nécessité de protéger les jeunes et de renforcer la législation concernant l’usage de la cigarette électronique. Ils alertent également sur le fait que plusieurs études présentant le vapotage comme une alternative plus sûre que la cigarette traditionnelle peuvent être financées par l'industrie de la e-cigarette.

“Nos données peuvent indiquer que les cigarettes électroniques ne constituent pas une solution de rechange saine aux cigarettes traditionnelles et que leur ‘sécurité’ perçue n'est pas justifiée. De plus, nous n'avons toujours pas le recul concernant les effets secondaires sur la santé de l'utilisation des e-cigarettes à long terme”, concluent les scientifiques.