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Congrès de l'ESHRE

Une FIV low-cost à moins de 200 euros

Par Bruno Martrette

Des chercheurs belges ont obtenu une première naissance grâce à une technique de fécondation in vitro low-cost. Le but de l'équipe, constituer des centres de FIV à bas coûts utilisant cette méthode.

MELANIE FREY/JDD/SIPA

Avec la crise, le low-cost concerne décidément tous les secteurs, c'est ainsi que des chercheurs belges ont obtenu récemment une première naissance grâce à un procédé de fécondation in vitro à bas coûts. Baptisée « WE lab », la technique permettrait de réaliser un cycle de FIV pour 10% à 15% du prix pratiqué dans les pays occidentaux. 
L'équipe de scientifiques de l'Institut de Genk des technologies de la fertilité, menée par Elke Klerkx qui présentait cette semaine au congrès de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie (ESHRE), cette nouvelle méthode de FIV à bas coûts annonce en effet un prix bas record. Pour eux, leur méthode coûterait moins de 200 euros. En France, par exemple, la FIV reste très coûteuse (3100-4100 €) et les couples ont droit à une prise en charge par l'Assurance maladie pour 4 tentatives.


Pour réussir à mettre au monde un premier bébé grâce à cette technique, les chercheurs l'ont testé lors de 23 cycles de FIV dans le cadre d'une étude prospective. Dans des déclarations relayées par l'Agence de presse APM, Elke Klerkx détaille la technique utilisée: « Nous avons tout d'abord simplifié le contrôle du pH », a-t-il expliqué en conférence de presse. Comment ? « Nous produisons du dioxyde de carbone à l'aide d'acide citrique et de bicarbonate de soude que nous injectons dans le milieu de culture par une seringue pour ajuster le pH ». Et le chercheur de poursuivre en révélant comment lui et son équipe ont réussi à contourner l'autre grosse source de dépense qui réside dans le contrôle et la stérilisation de l'atmosphère du laboratoire. Elke Klerkx raconte ainsi que son équipe a mis au point « un récipient de culture totalement hermétique auquel sont fixées deux aiguilles, dont celle introduisant le dioxyde de carbone ». Et, au final, huit de ces 23 cycles ont abouti à une implantation réussie, alors que sept grossesses étaient toujours en cours au mois de mai. Mais surtout, l'une des femmes a déjà accouché depuis, d'un bébé en bonne santé né à 40 semaines d'aménorrhée.

 

Bien évidemment, cette « FIV low-cost » suscite d'immenses espoirs notamment pour les pays en voie de développement qui n'ont pas accès aux méthodes de fécondation trop coûteuses, mais pas seulement. « Nombreux sont les couples qui sont touchés par ce phénomène (...), souligne Elke Klerkx. Notre but est la constitution de centres de FIV low-cost grâce à cette méthode de FIV simplifiée qui ne nécessite pas d'infrastructure compliquée », conclut-il. Les problèmes de fertilité touchent 200 millions de femmes dans le monde.