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Santé mentale

Les artistes musicaux touchés par la dépression et les addictions

Par Charlotte Arce

Une vaste étude menée par le collectif Cura révèle la face sombre du métier d’artiste. Santé mentale fragile, dépression, stress, précarité, addictions sont autant de problématiques auxquelles sont régulièrement et majoritairement confrontés les acteurs de l’industrie musicale.

happyphoton/iStock

Dans l’imaginaire collectif, les artistes réussissant à vivre de leur passion ont une vie trépidante et riche, faite d’opportunités grisantes et de succès.

Mais la réalité est bien éloignée de cette image d’Épinal. Stress, précarité, dépression, anxiété, addictions… Une étude menée par le collectif Cura, qui souhaite améliorer la santé des professionnels de la musique, vient de le rappeler.

Réalisée auprès de 503 artistes entre mai et septembre 2019, elle montre que la santé mentale des artistes est fragile et nécessite une meilleure attention. Dans le détail, 51% de femmes, 48% d’hommes ont répondu à l’enquête. Parmi eux, 55% d’artistes.

Une mauvaise qualité de vie

Premier enseignement de l’étude : les artistes et les professionnels de la musique peuvent eux aussi souffrir de pathologies ou de problèmes liés à leur “métier passion”. 63% des répondants ont ainsi déclaré y être confrontés “parfois ou souvent”.

Parmi les “problèmes” liés à leur métier : les troubles auditifs, qui touche un répondant sur deux, mais aussi les troubles du sommeil (9 sondés sur 10) et les mauvaises habitudes alimentaires.

Une santé mentale fragile

Les réponses des répondants mettent aussi en lumière leur fragilité psychique. Quatre répondants sur cinq avouent souffrir d’anxiété quant à leur avenir professionnel et 9 sur 10 disent ressentir “parfois ou souvent” une sensation de déprime. Près de 25% des sondés indiquent avoir été diagnostiqués dépressifs, soit 2,5 fois plus que la moyenne nationale.

À cela s’ajoutent les addictions. Parmi les réponses, 43% disent avoir, parfois ou souvent, des problèmes d’alcool, contre 10% des adultes français, et 30% sont confrontés à des problèmes de drogues et d’addiction.

Cette fragilité psychologique peut être mise en relation avec la précarité dont souffrent de nombreux répondants. Plus de la moitié d’entre eux (55 %) disent être souvent confrontés à des difficultés financières. Pour autant, si 57% disent avoir désiré, parfois ou souvent, changer de secteur, 42% des sondés n’y ont jamais songé, “ce qui tend à faire ressortir l’idée que les métiers de la musique sont choisis par passion et que les conditions difficiles sont mieux acceptées grâce à cette même passion”, souligne Cura dans son enquête.

Pour le collectif, il y a urgence à agir. “Comme dans de nombreux corps de métiers, une aide est parfois possible : elle peut prendre la forme de conseils, d’entraide, ou d’une rencontre avec des médecins, des spécialistes, pour traiter les questions liées à la santé physique ou mentale. Dans le monde de la musique, elle est parfois trop discrète, inaccessible, ou liée à la honte”, regrette-t-il, cité par le Figaro.

En attendant une meilleure prise en charge, Cura prépare un guide sur la santé des artistes et un répertoire de professionnels de santé auprès desquels les professionnels de la musique pourront chercher de l’aide.