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Ligament croisé antérieur

Déchirure du ligament : les athlètes ont un risque de récidive plus élevé

Par Charlotte Arce

Le risque de récidive de déchirure du ligament croisé antérieur (LCA) est plus important chez les athlètes qui n’obtiennent pas un haut score aux tests qui mesurent leur aptitude à reprendre la compétition sportive.

spukkato/iStock

Formant un "X" au niveau de l’articulation du genou, le ligament croisé antérieur (LCA) aide à contrôler la rotation du genou. Très douloureuse et invalidante, sa déchirure est assez courante chez les athlètes pratiquant des sports avec des arrêts soudains et des changements de direction, comme le football et le basket.

Même lorsqu’ils reçoivent une chirurgie de reconstruction du LCA, le risque de récidive de déchirure et d’échec de greffe reste élevé chez les sportifs de haut niveau : environ 20% des chirurgies échouent, estiment les médecins. Cette chirurgie consiste à greffer des morceaux de tissus, notamment l'un des tendons des ischio-jambiers ou le tendon de la rotule (tendon rotulien), pour reconstruire le ligament endommagé par la blessure

Ce risque est d’autant plus élevé chez les jeunes athlètes lorsqu’ils n’obtiennent pas une note d’au moins 90% à une série de tests mesurant leur aptitude à reprendre la compétition, estime une nouvelle étude présentée au congrès annuel de l'American Orthopedic Society of Sports Medicine.

Un risque 3 fois supérieur de récidive

Pour parvenir à cette conclusion, les chirurgiens orthopédistes et les professionnels de la médecine du sport ont établi plusieurs critères de retour au sport pour aider à guider les patients lorsqu'ils envisagent de participer à des compétitions sportives après une blessure au genou. Parmi ces critères, la force du quadriceps est l'une des mesures les plus importantes pour prédire le risque de lésions supplémentaires du ligament croisé antérieur.

Ces critères ont été testés pendant 2 ans par l’équipe du Dr Mark Paterno, chercheur à la Division de médecine sportive de l'Hôpital pour enfants de Cincinnati, auprès de 181 patients âgés de 16 ans en moyenne. Chaque jeune patient a été évalué selon 6 tests, parmi lesquels la force isométrique du quadriceps et 4 tests de saut fonctionnel. Les participants ont ensuite été classés en fonction de leur taux de réussite aux 6 critères, et dont la note globale est égale à 100.

Objectif d’une telle expérience : déterminer si le fait de réussir les six mesures permettait de réduire ou non le risque d'une deuxième blessure au LCA dans les 24 mois suivant le retour au sport. Sur les 181 patients recrutés, 39 ont subi une deuxième lésion du LCA avec 18 échecs de greffe et 21 déchirures du LCA controlatéral au cours des 24 premiers mois suivant la chirurgie. Au moment de l'évaluation du retour au sport, 57 patients avaient obtenu 90% ou plus à tous les tests.

Lors de l'évaluation du critère de retour au sport individuel, les patients qui n'ont pas atteint 90% de la force du quadriceps étaient 84% moins susceptibles de souffrir d'une défaillance du greffon mais présentaient un risque 3 dois supérieur de subir une lésion du LCA.

Une nouvelle chirurgie prometteuse pour les déchirures du LCA

D’après les médecins, il n’existe actuellement aucun moyen d’identifier à 100% les jeunes patients à haut risque de déchirure suite à une première blessure au niveau du ligament croisé antérieur. D’autres études sont donc nécessaires pour "savoir si d'autres facteurs peuvent contribuer à un modèle prédictif de la future lésion du LCA spécifique à un membre", a déclaré le Dr Paterno.

Ces travaux font suite à une autre étude dévoilée en mai dernier lors du Congrès ISAKOS 2019 et qui montrait qu’une intervention chirurgicale complémentaire appelée ténodèse extra-articulaire latérale (TEL) permet de fournir un soutien supplémentaire permettait de réduire de 65% le risque d’échec de la greffe du ligament croisé antérieur.