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Ski et entorse du genou : la prévenir ou la prendre en charge

Au ski, comme dans les sports de contact, l’entorse du genou est une lésion fréquente après une chute. Dans les cas les plus sévères, elle est prise en charge en traumatologie, mais une forme en apparence moins sévère ne doit pas être négligée sous peine de complications.

Ski et entorse du genou : la prévenir ou la prendre en charge marina_krk/epictura

  • Publié 26.02.2018 à 19h29
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L'entorse du genou est une lésion des ligaments du genou (les « haubans du genou ») qui survient après un mouvement anormal de la jambe ou parfois après un traumatisme direct.

La gravité de l'entorse du genou dépend des ligaments atteints et de la nature des lésions : simple étirement du ligament, déchirure ligamentaire partielle ou totale.

Les entorses du genou représentent près d'un tiers des accidents de ski alpin. Si le mauvais réglage des fixations serait responsable de plus de 40% des entorses du genou, l'absence d'entraînement physique est un facteur aggravant très fréquent.

Qu’est-ce que l’entorse du genou ?

Une entorse du genou est l'atteinte d'un ou de plusieurs ligaments de cette articulation dont la stabilité est assurée par des éléments fibreux périphériques (une capsule articulaire, des ligaments et des tendons des muscles) et des ligaments centraux, très important pour la stabilité du genou, qui constituent le « pivot central ».

La stabilité du genou est assurée par un « plan antérieur », rarement concerné par l’entorse car très solide (tendon quadricipital, rotule, tendon rotulien, avec une partie de la capsule articulaire et diverses extension des tendons latéraux et des ménisques). Le « plan latéral interne » est, lui, très fréquemment concerné par les entorses, avec le ligament latéral interne, la capsule et les ligaments de la patte d’oie et l’aileron rotulien interne. Le « plan latéral externe » est parfois concerné et comprend le ligament latéral externe, la capsule, le tendon du biceps et du fascia lata et les ailerons rotuliens. Le « plan postérieur » est formé de la capsule et de différentes structures fibreuses qui convergent pour former un point d’angle postéro-externe et un point d’angle postéro-interne. Le pivot central est constitué de 2 ligaments croisés (antérieur et postérieur).

Quels sont les mécanismes de survenue d'une entorse du genou ?

L'entorse du genou survient le plus souvent à la suite de mouvements en torsion (la jambe est en appui, bloquée au sol), surtout lors de la pratique de sports dits « en pivot », comme le football, le rugby, les sports de combat... et lors du ski alpin.

Ces torsions, souvent en rotation externe de la jambe, entraînent d’abord une lésion de la capsule (enveloppe de l'articulation), puis du ligament du genou, puis au fur et à mesure que la déchirure progresse, ce peut être le ménisque correspondant, le pivot central et un point d’angle postérieur qui peut être touché. Cet enchaînement est typique de l’entorse interne. L’entorse externe peut ne toucher que le ligament externe. De même, un des ligaments croisés peut être atteint de façon isolée.

L'entorse du genou peut être « bénigne », en cas de simple étirement du ligament, « moyennement grave », en cas de déchirure partielle de quelques fibres ligamentaires et « grave » lorsqu'un ligament est totalement rompu.

Les lésions isolées de ligaments latéraux (le plus souvent du ligament latéral interne) sont en général de moindre gravité. Les lésions d'un ligament croisé (le plus souvent, du ligament croisé antérieur) isolées ou associées à des lésions d'un ligament latéral ou à des lésions des ménisques sont toujours graves car elles sont à l'origine d'une instabilité du genou.

Quand penser à une entorse du genou ?

Les signes d'une entorse du genou sont généralement un craquement lors de l'accident avec une douleur vive et une sensation de déboîtement (l'impression que le genou « part sur le côté puis revient en place »).

Il en résulte une sensation d'instabilité du genou et un gonflement de l’articulation. Ces signes peuvent s'accompagner d'une boiterie ou d'une impossibilité à s'appuyer sur la jambe traumatisée et à marcher.

Les signes ne sont pas tous toujours présents (le genou peut ne pas gonfler) et la douleur n’est pas proportionnelle à la gravité de l'entorse. Ainsi, elle peut être modérée lors d'une entorse grave et intense lors d'une entorse bénigne.

Que faire en cas d'entorse du genou ?

Après une chute et si l’on ressent certains des signes énoncés plus haut, il faut immédiatement arrêter l'activité ou le sport en cours pour ne pas aggraver la lésion et mettre son genou au repos en évitant tout appui sur la jambe concernée.

Dès que possible, il faut refroidir le genou avec de l'eau fraîche ou de la glace pour diminuer l'inflammation (ne surtout pas mettre la glace directement sur la peau mais la mettre dans un linge propre avant de la poser sur le genou). Il est possible de bander le genou sans trop serrer et surélever la jambe si le genou a tendance à gonfler.

Si la douleur persiste, il est possible de prendre un médicament pour de soulager : du paracétamol ou un anti-inflammatoire non stéroïdien comme l'ibuprofène.

Si la gêne est très modérée (absence de sensation d'instabilité ou de déboîtement), il est possible de se contenter de cette stratégie, mais si les signes sont graves ou si ils persistent, il faut consulter son médecin.

Comment diagnostiquer une entorse du genou ?

Le diagnostic de l'entorse du genou est essentiellement réalisé sur l’examen clinique. Les examens complémentaires sont surtout utilisés pour éliminer une éventuelle fracture associée ou décider de l’intérêt d'une intervention chirurgicale.

L'examen clinique permet, en général, de poser un diagnostic précis des lésions en analysant la mobilité du genou et en recherchant une mobilité anormale (« laxité »), un épanchement à l'intérieur de l'articulation du genou, un hématome (un « bleu ») sur le trajet des ligaments latéraux.

Les examens complémentaires ne sont pas systématiques. Les radiographies permettent de confirmer qu'il n'y a pas de fracture osseuse associée ou d'arrachement osseux à l'extrémité d'un ligament. D'autres examens peuvent être prescrits (IRM essentiellement) en fonction de l’examen du médecin.

Quels sont les critères de gravité d’une entorse du genou ?

La crainte est de passer à côté d’une rupture d’un des ligaments du pivot central avec son risque d’instabilité et d’arthrose secondaire. La constatation d’une telle lésion, isolée ou associée, détermine l’attitude thérapeutique et une éventuelle réparation chirurgicale.

Les critères de gravités sont les suivants : sport à haut risque, mécanisme de l’accident, sensations du blessé (craquement et déboitement), importance de la gêne fonctionnelle après sédation de la douleur, précocité de gonflement.

L’examen du médecin trouve également d’autres signes de gravité (présence de sang à la ponction du genou, augmentation de la mobilité articulaire en extension et en rotation, existence de mouvement anormaux comme une latéralité et un tiroir antérieur).

Les examens complètent le diagnostic de gravité (arrachement osseux à la radiographie, ruptures de ligaments en IRM).

Quel est le traitement d’une entorse ?

Bien traitée, l'entorse du genou ne donne pas de séquelles importantes mais des complications tardives sont possibles quand il persiste une raideur (avec perte de quelques degrés de flexion ou d'extension du genou) ou d’une instabilité (laxité due à la rupture non-cicatrisée d’un ligament). À long terme, cette instabilité favorise des micromouvements anormaux et l'usure et donc l'apparition d’une arthrose. En cas d’immobilisation, il existe souvent un enraidissement temporaire (et il est nécessaire de prévenir la thrombose).

Si l'entorse est bénigne ou de gravité moyenne, il est déconseillé d’immobiliser complètement le genou et l’appui sur la jambe blessée peut être conservé. L'immobilisation est de très courte durée, juste contre la douleur et un plâtre est généralement inutile. Le traitement consiste donc en une mobilisation précoce avec appui autorisé, associée à un traitement médical (antalgiques, anti-inflammatoires et glaçage). Le port d’une contention (genouillère ou orthèse articulée) peut faciliter une reprise précoce des activités physiques en sécurité.

Le traitement chirurgical de l'entorse du genou consiste en une réparation chirurgicale des ligaments, ou « ligamentoplastie », qui peut être nécessaire en cas d'entorse grave (rupture d'un ligament croisé par exemple) chez une personne jeune et sportive. L'intervention peut être réalisée dans les jours qui suivent l'accident ou plus tard, quand la douleur et le gonflement du genou ont diminué. En effet, opérer en urgence un genou douloureux et inflammatoire expose à un certain nombre de complication qui peuvent retarder la guérison.

La chirurgie du genou peut être également nécessaire si d'autres lésions sont associées à l'entorse comme une fracture d’un os…

Comment prévenir les entorses du genou ?

Pour prévenir au mieux les entorses du genou, en particulier lorsque l’on va skier une fois par an, il est essentiel de se préparer deux mois avant le départ, pour arriver en forme à la montagne.

Il faut au minimum marcher au moins une heure par jour et utiliser les escaliers pour se muscler les cuisses. Il est possible de faire un peu de natation qui renforce l'ensemble des muscles du corps et de pratiquer un peu de gymnastique  quotidienne. Dans le meilleur des cas, il est possible de faire un peu de jogging, à raison de 40 minutes, deux à trois fois par semaine (pour développer ses capacités respiratoires et ses appuis).

Surtout, il faut toujours faire contrôler le réglage des fixations auprès d'un professionnel.

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