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Bilan alarmant

Canicule : une trentaine de morts par noyade pendant la semaine de grosse chaleur

Par Anaïs Col

Une trentaine de personnes sont décédées par noyade en France pendant la semaine de canicule, parfois lors de baignades encadrées.

Slonme /istock
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Triste bilan : une trentaine de personnes sont décédées par noyade en France pendant la semaine de canicule, a annoncé la ministre des Sports Roxane Maracineanu sur France Bleu Occitanie. "Il faut absolument qu'on arrive à prévenir la population sur le fait qu'il faut avoir une attention de tous les instants que ce soit avec les enfants, dans les piscines privées et même avec soi-même", a-t-elle affirmé.

Les adultes ont aussi des comportements à risque

La ministre alerte sur les circonstances de ces noyades, qui ne correspondent pas toujours à "l'idée type de noyade" que l'on se fait. "Dans les piscines privées, deux noyades sur trois arrivent lors d'un temps de baignade encadré. Ce n'est pas des enfants qui tombent dans des piscines. C'est ceux qui vont dans l'eau avec leurs parents. Et c'est lors d'un moment où il y a manque de surveillance qu'il se passe le pire."

Mais les enfants ne sont pas les seuls concernés. Les adultes ont parfois des comportements à risque. "C'est aussi les adultes qui vont dans des plans d'eau non-surveillés et sans faire attention à ce qu'on appelle l'hydrocution." L'hydrocution est du au choc thermique lorsque le corps entre en contact trop brutalement avec l'eau froide et peut entraîner la mort par noyade.

Augmentation des noyades accidentelles 

Selon la dernière enquête "NOYADE" menée par Santé Publique France du 1er juin au 30 septembre en France métropolitaine et en Outre-mer, "les noyades accidentelles sont responsables chaque année d’environ 1 000 décès et sont la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans". En 2018, 1 649 noyades accidentelles ont été recensées, soit 84% du total des noyades signalées. 25% ont été fatales - en effet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la noyade est définie comme "une insuffisance respiratoire résultant de la submersion ou de l’immersion en milieu liquide", qu'elle soit fatale ou non.

Les noyades accidentelles ont augmenté de 30% en 2018 par rapport à 2015 (1 266), selon le rapport de Santé Publique France. En 2018, les enfants de moins de 6 ans ont représenté 28% des noyades accidentelles et 9% des décès. 44% des noyades accidentelles ont eu lieu en mer, 31% en piscine tous types confondus, 22% en cours d’eau ou plan d’eau et 4% dans d’autres lieux (baignoires, bassins, etc.) avec une répartition de noyades fatales respectivement de 40%, 17%, 40% et 3%.

La noyade sèche

Parmi les cas de noyade, il existe la noyade sèche (ou noyade retardée) qui survient hors de l'eau. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la définit "comme la mort par suffocation suite à une immersion dans l'eau". Plus précisément, il s'agit d'une insuffisance respiratoire due à une immersion récente dans un liquide. Si une personne a failli se noyer, ou bu la tasse, cela peut lui être fatale quelques heures, voire quelques jours après la baignade (jusqu’à 72 heures plus tard). 

L'OMS a identifié deux types de noyade : sèche et humide. "Dans la noyade humide, la personne a inhalé de l'eau qui interfère avec la respiration et cause le collapsus du système circulatoire. Dans les cas moins fréquents de noyade sèche, le conduit aérien se ferme du fait des spasmes causés par la présence d'eau. La quasi-noyade peut provoquer une atteinte neurologique et le succès du rétablissement dépend de la rapidité du sauvetage et de la réanimation".