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Action en justice

Substances chimiques dans les couches : une association de parents attaque l’Etat

Par Camille Sabourin

Après la publication d’une étude de l’Anses sur la présence de substances toxiques dans les couches pour bébés, l’Association pour la santé des enfants attaque l’Etat en justice pour son inaction.

romrodinka/istock

L’Association pour la santé des enfants (ex-Association des victimes de lactalis) a annoncé dans un communiqué avoir déposé une requête en référé devant le Conseil d’Etat pour demander "d’agir par mesure de précaution et sans délai dans l’affaire des substances toxiques dans les couches pour enfants."

En janvier 2019, après un travail de veille de l’association 60 Millions de consommateurs, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait publié une étude confirmant les inquiétudes de l’association : certaines couches pour bébés contiennent des niveaux de substances chimiques dépassant les seuils sanitaires. "Ces analyses ont mis en évidence la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés," précisait l’Anses.

Au total, une soixantaine de pesticides avaient été recensés, parmi lesquels du glyphosate ou encore du lindane et du quintozène, tous deux interdits depuis quinze ans. 

Donner le nom des marques concernées

Après la publication de ce rapport, l’Association pour la santé des enfants avait lancé une pétition - qui a aujourd’hui recueilli plus de 50 000 signatures - pour demander au gouvernement la publication de "la liste des produits et marques concernés par la présence de produits chimiques dangereux pour la santé", "la transparence et la publication de l’ensemble des prélèvements réalisés sur ces produits" et "le retrait rappel de toutes les couches qui présentent un danger pour la santé des nourrissons." 

L’association déplore aujourd’hui que rien n’ait été fait. "Quand il y a risque sanitaire, des mesures immédiates doivent être prises et il est de la responsabilité de l’Etat d’informer les parents des marques à éviter. Quand on sait que près de 7000 couches sont portées par un enfant, il y a de quoi s’inquiéter," a réagi Quentin Guillemain, président de l’association. 

"L’omerta doit désormais cesser !"

Ce dernier s’indigne également contre le manque d’information sur la composition des couches en France et en Europe. "Comment voulez vous que les parents puissent choisir en toute connaissance de cause quand la composition des couches n’est disponible nulle part et que l’Etat ne fait pas preuve de transparence sur les produits dont il sait que des produits dangereux pour la santé s’y trouvent ? L’omerta doit désormais cesser !" explique-t-il.

Dans leur recours, les parents membres de l’association demandent à nouveau la publication des noms de marques concernées et le retrait ou le rappel des couches qui présentent un risque pour la santé des enfants. Notamment parce que les substances toxiques peuvent migrer dans l’urine des enfants, entrer en contact prolongé avec leur peau et provoquant des allergies.